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 Sombre orage

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Isabelle Tremblay
Vénérée Admin Brunette
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Citation du moment : J'ai des envies de magie noire dont tu n'as pas le moindre doute...
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MessageSujet: Sombre orage   Dim 31 Mai - 22:26

C'est triste, un jour de pluie.
Du moins, s'il ne pleut pas encore, ça ne saurait tarder. Les nuages sont gris foncé. On croirait qu'ils pèsent des tonnes, qu'ils peuvent nous tomber sur la tête à tout moment. L'orage est tout proche.
Mon moral est aussi noir que ces nuages. Le monde que je vois par la fenêtre est sans couleur. Déprimant. Autant ne pas regarder.

Je me remets en marche. Je n'ai pas à trainer autant dans les couloirs, normalement. Seulement, que voulez-vous que je fasse d'autre ? Depuis que le Roi a été transporté en urgence à Versailles, à un fil de la mort, Marie prie chaque jour, chaque heure, chaque minute dans la chapelle de Versailles. Facile de comprendre qu'il m'est insupportable de rester toute la journée seule dans sa chambre à me ronger les sangs pour vous-savez-bien-qui. Après, je pourrais prier moi aussi, à la chapelle également, ou bien à l'église du village. Sauf que j'ai déjà tellement prié que ça ne me rassure plus. Je dois trouver autre chose. Facile à dire. Mais quoi ?

Je marche, je marche, je ne fais que ça. Marcher en essayant de ne pas trop me perdre dans mes pensées. Ça ne marche pas, évidemment. Tant et si bien que je ne m'aperçois que bien tard qu'il y a de l'agitation dans la cour du château.
Des carrosses, je me dis, quelqu'un qui rentre de voyage, peut-être. Ce doit être cela.
Seulement, l'agitation semble durer. Des hennissements et des bruits de sabots. Peut-être aussi des cris.
Je... sans doute, je me fais des idées...
Je ne tiens plus. Il faut que je voie ce que c'est. Des fois que ce ne serait pas une hallucination.

Je glisse jusqu'à devant la fenêtre la plus proche. Que vois-je dehors ? Des cavaliers sur selle, des écuyers s'occupant de rentrer les chevaux... Surtout parce que la pluie a commencé à tomber violemment. Qu'importe, c'est un détail. Le fait est que, si je ne me trompe pas, il s'agit...
... des troupes qui reviennent, victorieuses, de la bataille de Flandre.

Mon cœur s'anime, à cent à l'heure. Mes yeux balayent la cour en vitesse. Il a beau pleuvoir et faire sombre - au point où les bougies des couloirs sont allumées -, je distingue encore les silhouettes, sinon les visages.
Aucune trace de celui que je cherche. Ni même de son étalon.
Et maintenant, mon cœur se serre. Le destin nous aurait-il joués, comme il l'a fait pour Marie et Louis, comme il avait failli le faire lors de la Fronde ? Comme il l'a fait pour mes parents ?
Je ne peux pas accepter ça. C'est juste... au-dessus de mes forces.

Un flash de lumière. Je reste statique, mon regard se perd dans un vide inconnu. Quelques secondes plus tard, le bruit de l'orage, dur et assourdissant, me fait sursauter. Et prendre une décision.
Il faut que j'aille vérifier par moi-même.

Je sors de ma transe immobile, donc, pour me mettre à marcher. Je n'avais même pas remarqué que je tremblais, tiens. Je regarde mes mains bêtement, pour me mettre soudainement à courir de toutes jambes.

Bien mal m'en prit. De un, qu'est-ce que je gagne à courir comme ça, hein ? Apprendre la mauvaise nouvelle plus vite ? Achever mon espoir au plus vite ? Fantastique. Je dois être masochiste.
De deux, courir aveuglément dans les couloirs n'est décidément pas une bonne idée. Même si on pense qu'il n'y a personne à cette heure-ci dans les couloirs. Pour commencer, on peut trébucher et se faire très mal - ce qui a manqué de très près à deux reprises -, et ensuite on pourrait faire mal à quelqu'un d'autre.
Personnellement, j'ai pris quelque chose en plein fouet. Ou quelqu'un. Quelqu'un d'assez confortable, pour tout vous dire, vu que je lui suis tombée dessus et que ledit quelqu'un a amorti ma chute. Le pauvre, le choc a dû être rude, surtout avec mon poids.

Ainsi, j'ai beau n'avoir absolument aucun mal, je grimace. Car tomber sur un inconnu, ce n'est pas terrible. Non seulement c'est la honte, comme en plus, à Versailles, cela peut signifier clairement des problèmes. D'ailleurs je me rends compte que c'est ce qui risque d'arriver très certainement, vu que les habits auxquels je m'agrippe - par réflexe - en ce moment-même sont sans aucun doute possible des habits d'homme noble. Génial. Après quelques secondes d'hésitation, je me décide à enfin ouvrir les yeux, afin de savoir qui est le malchanceux qui s'est pris une Isabelle de plein fouet. Et histoire de voir l'expression de monsieur - hostile ou indifférente ? - et me préparer. Apparemment, il... que... ?
Dehors, un autre flash. Inexplicablement, un unique mot me vient à la bouche.


"Euh..."

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François de Vendôme
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MessageSujet: Re: Sombre orage   Lun 1 Juin - 14:54

[hj : tu seras certainement déçue... Sad Je ferais mieux à la prochaine, d'accord ? ]

Ca y était : la guerre était finie. Nous pouvions enfin rentrer au château et retrouver ceux qui nous étaient chers. Pour ma part, je n'avais cessé de penser à Isabelle. Tout d'elle me manquait et, chaque jour que Dieu m'avait eprmis de vivre, je lui avais écrit une lettre. Je n'en avais envoyé aucune, car je voulais lui remettre en mains propres. En effet, nous nous étions quitté sur une note plutôt triste. J'étais parti sans même lui laisser un mot, car notre dispute m'avait tellement affecté que je n'y avais même pas songé.

Bref, je me hâtai de descendre de ma monture et laissai, pour une fois, les écuyers s'en charger. Il fallait que je la retrouve, que je la sente près de moi, que je m'excuse aussi. Un peu avant d'arriver, la pluie s'était abattue sur nous et c'est donc trempé comme une soupe que je déboulai dans les couloirs de Versailles. Presque tout le monde était sortit, dans le but d'accueillir les valeureux soldats, mais je pensais que ma belle n'était pas de ceux-là. Je l'espérais du moins, car il fallait que je la trouve et, dans un monument si vaste, c'était un peu comme chercher une aiguille dans une botte de foin...

Je ne réfléchissais plus à vrai dire. J'avançais, tête baissée, sans regarder où j'allais quand...

drunken

Je m'étala de tout mon long et la gente dame qui avait obstrué mon chemin ne trouva guère mieux que de me prendre comme amortisseur à sa chute... Un peu assomé par le coup, je me rendis compte qu'elle n'était point lourde et que... Cette odeur. Ce. Ces cheveux. Je.


" Isabelle ?! "

Alors qu'elle ne trouve que "euh" à dire, je me relève rapidement et, alors qu'elle est encore agenouillée, je tombe sur les genoux et prend machinalement son visage entre mes mains. Elle est magnifique. Comme toujours. Je lui souris et ne trouve rien d'autre à faire que de l'embrasser tendrement.

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Isabelle Tremblay
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MessageSujet: Re: Sombre orage   Lun 1 Juin - 18:00

[ Pas rave Wink ]

Oh, tiens. Je l'ai trouvé plus vite que prévu.
Comme on peut et doit s'attendre de moi, je cligne comme une ahurie pendant deux bonnes minutes de flottement. Je veux dire, c'est incroyable, tout de même. Parmi tous ceux que j'aurais pu écraser en catastrophe, c'est sur celui que je cherche que je tombe - littéralement. Aubaine, quoi. Le hasard fait bien les choses. Enfin, en partie. Il aurait pu quand même choisir quelque chose de moins brutal qu'un choc frontal.

Tout en clignant frénétiquement donc, mes yeux parcourent celui-qui-est-tombé avec incrédulité. Je remarque sans plus tarder qu'il est trempé - et que les mèches mouillées qui se collent sur ses joues, fort heureusement, lui ajoutent un petit je ne sais quoi charmant, qui... Qui a dit que je m'égarais ?

Je ferais mieux de m'ôter de là, je pense. Tout compte fait, c'est ce que je fais. Il se trouve qu'il n'a pas vraiment l'air d'avoir envie de rester là toute sa vie. Je le comprends, surtout que le plus lourd de mon poids se trouve précisément sur son ventre. Et à vrai dire, étant donné qu'il a réussi à revenir – en apparence – en un seul morceau de guerre, ce serait bête de l'étouffer juste maintenant.

Mon prénom... c'est bien mon prénom qu'il a dit ? J'ai un peu de mal à l'assimiler, plus parce que le ronflement de l'orage a retenti au moment où il ouvrait la bouche que par effet réel de ma surprise. Sérieusement, je ne suis même pas sûre de ce qu'il vient de me demander. Que voulez-vous répondre à ça ?
Évidemment que j'ai sorti LA seule réponse plausible dans pareille situation.


"Euh..."
je répète.

Mon effarement s'écoule doucement, et après – voyons voir – les dernières deux minutes trente, je crois pouvoir dire que je reprends enfin mes esprits. Je le vois qui s'agenouille devant moi. Est-ce que j'ai le temps de me pincer ? De me frotter les yeux, au moins ? Laissez tomber. Je préfère encore ne pas essayer, comme ça, si jamais c'est une hallucination, j'aurai eu mes trois minutes de béatitude.

Il me sourit. A moi de le lui rendre timidement. Il s'approche, mon cœur s'accélère, et puis... et puis voilà, quoi.
Alors, je me rends compte, vraiment, de ce qui se passe. Il est bien là, il est vivant, il va bien. Il ne lui est pas arrivé la même chose qu'au roi. Le danger est passé. Nous sommes ensemble, tout va bien.
La vague de soulagement est trop intense et trop soudaine ; je sens que l'étourdissement me gagne. Je le sens, mon cœur va exploser.

Je mets fin au baiser et l'enlace. Il est mouillé et il me mouille, et alors, hein ? De toute façon, la chaleur me monte au visage, je sens le sanglot se propulser dans ma gorge, et je...
Oh non, je ne vais pas me mettre à pleurer !
Sans autre forme de procès, je me mords les lèvres – histoire de retarder le processus – et chouine, le nez contre son cou (humide) :


"François !"

On dira que je n'ai pas l'air pathétique, que je ne viens pas de hoqueter ridiculement et que je ne suis PAS en train de pleurer. Même si c'est pas vrai.

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