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 Isabelle s'en mêle (ou Comment persuader un duc) [ PV F. ]

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Isabelle Tremblay
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MessageSujet: Isabelle s'en mêle (ou Comment persuader un duc) [ PV F. ]   Mer 27 Fév - 14:54

Le couloir était sombre. Normal, le soir tombait. Il était désert, aussi, en apparence. Mais rien qu’en apparence. Si on regardait de plus près, on pouvait détecter un peu de mouvement, dans un coin.

L’être ou l’animal n’était pas si imposant. Pas très grand, non plus. En fait, l’ombre semblait plutôt fine, frêle. Elle tremblait.

Cet animal, ce petit bout de pénombre, c’était une jeune fille.

Pas n’importe quelle jeune fille. C’était une demoiselle bien parée. On pouvait aisément imaginer qu’elle était riche, puisqu’elle était si bien mise. Une de ces demoiselles, sans doute, aux airs nobles et prestigieux, de grande famille, peut-être. Une aristocrate.

Alors pourquoi se cachait-elle dans un coin ?

Et pourquoi tremblait-elle autant ?

Il ne faisait absolument pas froid, et l’obscurité devenait gênante. Les bougies n’avaient pas été allumées encore pour cette zone du château de Versailles.

En fait, la fille semblait attendre quelqu’un.

Cette fille avait un nom. C’était Isabelle.

Oui. Cette fille, qui avait l’air si riche, c’était la pauvre petite domestique, Isabelle. La frondeuse, la vilaine, l’insolente. Elle-même.

Qu’est-ce qui pouvait bien faire trembler ainsi notre si intrépide brunette ?

Celle-ci sursauta soudainement. Des pas. Elle entendait des pas. Horrifiée, ne sachant que penser, elle se comprima dans son coin de couloir, cachée, toujours, dans l’ombre. Etrangement, malgré sa robe et ses quelques bijoux, la personne qui passa si rapidement ne la vit pas. Un simple domestique. La lumière se fit sans crier gare. Clignant des yeux, Isabelle observa la lueur ensorcelée de la flamme de bougie se refléter sur le mur.

Tremblante. Aussi tremblante qu’elle.

Oh, elle se sentait ridicule. Si ridicule ! Depuis quand avait-elle peur du noir ? C’est comme si elle redevenait enfant, la toute petite, l’ingénue, la fillette qui ne comprenait rien à rien. Et la seule question qu’elle pouvait se poser, à chaque fois, infailliblement, c’était : « Pourquoi ? »

Non. Aujourd’hui, il ne fallait pas se sentir une enfant. Il fallait être forte, il fallait être femme. Pas fillette.

Et cette question fatidique ne la tirerait pas d’affaire ce soir.

Il ne fallait pas questionner ce qu’elle s’apprêtait à faire. Il fallait agir, tout simplement. Surtout parce qu’elle savait très bien la raison.

Bien, récapitulons.

Il y a quelques jours à peine, la brunette avait retrouvé François de Vendôme. Il y a une semaine, en fait. Malgré ce qu’elle lui avait demandé, le duc ne venait pas toutes les semaines, ces derniers mois. Il ne venait pas la voir.

Oui, mais cette fois c’était important. Elle avait bien insisté. Il y avait quelque chose de grave. Il fallait qu’elle lui parle avec urgence. Mais pas ici, pas maintenant, avait-elle dit. Je veux, demandait-elle, j’ai besoin de vous parler. En privé. C’est très sérieux.

Alors, elle avait fini par le convaincre. Elle lui avait fait croire tellement fort à cette urgence qu’il en avait été inquiet. Elle avait souri. C’est très urgent, c’est vrai, mais il ne fallait pas qu’il s’inquiète. Elle allait tout faire pour que tout se passe pour le mieux.

Bien sûr, c’était urgent. Très urgent. Question de jours. D’heures. De minutes. De secondes.

Ou encore moins que ça.

Il avait, pour lui plaire, disons… acquis des appartements versaillais, pour une nuit. Les ducs, les princes, ils peuvent faire cela. Eux n’avaient point à s’encombrer. Versailles était trop petit pour héberger autant de gens, mais il y a toujours de la place pour eux. Les princes.

Elle savait. Elle le savait, qu’elle était en avance. Un peu trop. Mais il fallait qu’elle ait le temps de digérer tout ça. Qu’elle revoie son plan, qu’elle souffle, et soit convaincue, enfin, que ce qu’elle allait faire en valait la peine.

Elle n’avait pas peur de le faire. Elle avait juste peur de le faire mal.

Parce qu’elle n’avait jamais poussé la chose trop loin. La séduction, je veux dire. Oui, elle pensait pouvoir séduire le duc de Beaufort, et c’est ce qu’elle comptait faire ce soir. Mais jusqu’à quel point ? François n’était pas dupe. Il verrait bien qu’elle avait un plan.

Peut-être que, rien qu’en posant ses yeux sur la robe, il s’en apercevrait.

La robe n’était pas si riche qu’elle en avait l’air dans la pénombre, d’ailleurs. Mais, si l’illusion œuvrait dans l’obscurité, c’est parce que cette robe était belle. Elle était magnifique, quoique bien simple.

Elle se demandait si ça n’avait pas été de la folie. Si François lui sortait un « vous êtes ravissante » ou autre du genre, elle ne serait plus du tout sûre d’y arriver.

Parce que, c’était un fait. Elle était ravissante. Mais elle n’arrivait pas à l’admettre.

Encore une fois, la belle personne mira la robe bleue, aux dentelles et bordures si peu nombreuses, mais extrêmement belles. Et qui moulait ses formes très à son avantage, convenons. C’était le genre de robe qui empêcherait votre amant de regarder autre part que dans votre décolleté.

D’accord. Il n’y avait plus tellement à douter de ses formes, dans ce point de vue-là. Mais avouez que c’est frustrant de dépendre d’une robe pour plaire à un homme.

Parce que, oui, François de Vendôme était, avant tout et malgré tout, un homme. Alors, si ce décolleté ne faisait pas sensation chez lui, c’est qu’il avait un problème. Ce qui serait un coup très dur pour la brune.

Surtout qu’elle avait testé. Passant dans les couloirs, elle et Marie s’étaient très vite aperçues que leurs robes marchaient à perfection. Du moins, c’est ce qu’on aurait pu croire en croisant des regards pervers et vicieux.

Elle ne pouvait pas échouer. Tout était calculé. Il fallait que tout soit parfait.

Du reste, elle ne portait que peu de maquillage, ses cheveux étaient tout à fait lâches, et les quelques bijoux qu’elle avait timidement empruntés à Marie, soit un collier, deux boucles d’oreilles et une bague, tous également en argent, n’étincelaient pas trop. Elle voulait rester discrète. Le décolleté lui retirait bien trop de son mystère. Il ne fallait pas attirer l’attention trop vivement non plus.

Une femme doit savoir garder une part de mystère.

Si tout allait mal, Isabelle n’aurait d’autre choix que de la dévoiler entièrement à François. Elle n’avait rien de plus précieux à offrir. Rien.

Pour en revenir à Marie, celle-ci avait été d’une grande aide. Bien qu’Isabelle, étant femme de chambre, s’y connaisse beaucoup mieux, la courtisane n’avait pas répugné à l’aider à se préparer, ainsi qu’Isabelle l’avait fait pour elle. Ensemble, elles avaient passé un grand moment de nervosité. Heureusement, le soutien comptait énormément, et elle en avait, justement, du soutien. Tout comme elle était de tout cœur avec Marie, son amie croisait aussi les doigts pour elle.

Il fallait y arriver. Il fallait. Au nom de la passion violente qui l’attirait vers François de Vendôme.

Encore des bruits de pas. Cette fois, il n’y avait plus de doute. C’était lui. Elle ne put s’expliquer comment, mais elle savait.

Elle savait. C’était lui.

Etait-elle vraiment prête à tout cela ? Etait-ce vraiment quelque chose qu’elle voulait affronter ?

Le voulait-elle vraiment ?

Si elle était prête, non. Si elle le voulait, oui.

Après tout, si tout se passait comme elle le voulait, elle n’aurait pas à se dévoiler… tant.

Elle n’avait pas besoin de se dévoiler jusqu’à la fin. Pas entièrement. Si François ne faisait pas trop le difficile, ce ne serait pas nécessaire. Et il aurait tout de même la vie sauve.

Voyons, un François de Vendôme qui n’est pas têtu ? Cela n’existe pas. Sinon, ce ne serait pas François, et elle ne l’aimerait pas.

Le tout serait d’employer la bonne tactique. Ou la meilleure possible. Restait plus qu’à espérer que celle qu’elle avait choisie correspondait.

Si déjà la jeune femme souffrait de tachycardie lors de ses instants seuls, imaginez à présent l’état de son pouls.

Elle se sentit misérable. Impossible de contrôler. Il allait s’en apercevoir, rien qu’en posant son regard sur elle. Tout allait foirer.

Le temps sembla extrêmement lent. Avant qu’il n’arrive à sa hauteur, elle avait pu penser toute sorte de chose, jusqu’à l’épi de cheveux très obstiné qu’elle n’avait pas.

Elle était parfaite. C’était frustrant de ne se trouver rien à redire, pour une fois.

Et refusant de se l’avouer, elle s’insultait, s’insultait, et encore et encore. Toujours.

Non, il ne fallait plus. Même si elle ne l’avait pas été, il aurait fallu l’être. Parfaite. Il ne pouvait pas y avoir de défaut.

Il ne l’avait pas repérée. Il faut dire qu’elle s’était bien cachée, dans un coin plus sombre, enfoncé dans le mur. Elle l’observa, de là, à la lumière des bougies, s’arrêter devant la porte, chercher un peu.

C’était bien elle qu’il attendait.

Elle ne voulut pas, mine de rien, avoir l’air d’être trop en avance. Ce genre de détail dont elle n’avait jamais au grand jamais tenu compte lui semblait là totalement capital. Alors, elle attendit encore une minute. Deux. Et puis elle se décida à se montrer.

D’abord, hésitante. Elle n’avait pas envie de voir ce regard clair et pénétrant lire dans ses yeux. Ni de les voir se détourner ensuite, parce que l’artifice du décolleté n’avait sans doute pas marché.

Qui regarderait en pleine conscience le décolleté d’Isabelle Tremblay ?

Personne. Ça n’intéresse personne, tellement c’est pitoyable.

Alors, son regard, elle le baissa.

Mon Dieu, elle allait tout gâcher.

Impossible ! Elle s’était préparée beaucoup trop intensément pour abandonner maintenant. Préparée psychologiquement, pas physiquement.

Alors, ce sera quoi ?

Pensée insupportable. Elle redressa les yeux, plus déterminée que jamais. Bon point. Elle n’avait plus l’air hésitant. Un feu brulait, il venait de s’allumer. Le feu qui brulait, il voulait juste dire « je sais ce que je veux faire, et je vais le faire. Je n’échouerai pas. ».

Elle n’échouerait pas. Au moins, même si la cause qu’elle plaidait ne le touchait pas, elle voulait lui en faire baver.

En fait, redresser les yeux fut quelque chose de très pertinent, elle put rapidement le constater. Car, si les yeux gris de François ne reluquaient pas sa poitrine, elle se plut beaucoup à imaginer que cette impression qu’il avait du mal à ne pas y porter les yeux n’était pas, justement, qu’une impression.

Satisfaisant, l’introduction du plan. Elle se sentait déjà un peu mieux. Un peu plus en confiance.

Et que cette robe soit bénite.

Mais, ne nous relâchons pas. Elle se concentrait encore plus, au contraire. Tellement qu’elle en oublia pratiquement de le cacher à son amant. De façon très neutre, presque froide et non sans élégance, elle lâcha d’une voix suave :


« Bonsoir, François… »

Elle ne sourit pas. Elle ne fit pas de geste affectueux envers lui. Elle savait ce qu’il fallait faire, et le tout premier pas, c’était ne pas lui sauter dessus.

Pas tout de suite.

A la limite, il ferait le premier pas. Elle ferait tout le reste.

Oh, mais pourquoi était-il si beau, ce… cet espèce de… duc ?

Allez, courage, Is. Ce n’est pas le moment de défaillir.

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MessageSujet: Re: Isabelle s'en mêle (ou Comment persuader un duc) [ PV F. ]   Mer 5 Mar - 19:40

[hj : ce n'est que le début ; pour vous plaire ma Reine des Halles ! Smile ]

Beaufort était arrivé au château dans ses vêtements habituels, la cape noire virevoltant au vent. Il comptait bien sûr s'habiller un peu mieux, surtout que la pluie et la boue n'avaient pu être évité par l'étalon du jeune homme. Il avait laissé Olympe aux écuries royales et s'était empressé de se changer, dans l'anti-chambre prévue à cet effet. Un costume simple mais ravissant était resté là, lors d'un bal dernier. Oui, sa tenue n'était pas inédite, mais, n'aimant pas les bals, François n'avait pas une nouvelle "toilette" pour chaque soirée donnée par son cousin. Il lui faudrait autrement une immense garde-robe, et il n'était pas du genre à posséder pareil lieu.

Enfin, le costume était bleu clair, accompagné de frou-frou blancs. N'imaginez pas que son costume était moche hein ! Il était magnifique, juste que la description est un petit peu difficile... Ne me blamez pas ! Et puis, je suis certaine que vous voyez de quel vêtement je veux parler alors ! =D

Bref, Beaufort avait prit le chemin de son appartement réservé, d'un pas plus ou moins pressé. Il s'avait accélérer ou ralentir selon l'endroit où il passait, et ce pour ne point se faire remarquer par des courtisanes en furie. àà

Il n'avait aucune idée du pourquoi Isabelle l'avait fait venir. Ils allaient passer la soirée ensemble, et c'était une raison bien suffisante, mais malheureusement, la belle demoiselle avait à lui faire d'affaires urgentes apparemment. Cela faisait une semaine que le jeune homme réfléchissait à cette affaire si urgente et il ne voyait vraiment pas de quoi cela pouvait-il s'agir... Il s'était d'abord inquiété ! Mais cela n'avait apparemment pas lieu d'être...

Il arriva alors devant l'appartement et pu constater qu'il n'y avait personne. Son pas assuré aurait attiré la jeune femme si elle était déjà arrivée pensa-t-il. Elle avait peut-être été retardée mais ce n'était point grave, il attendrait. Il n'était pas impatient, ou du moins, pas dans ce cas là. Il ne se doutait pas une seconde qu'il était observé ; son esprit de soldat l'avait quitté, le temps de cette soirée : il ne le retrouverait que trop tôt ! Car la guerre approchait chaque jour un peu plus, et il était prêt à affronter ces Espagnols.

Des pas, moins sûrs que les siens, releva son attention. C'était bien elle, la brunette qui s'était emparé de son coeur il y a quelques mois déjà. Et, elle était ... ravissante ! Même ce mot ne suffisait pas. Son âme d'homme ne pouvait pas être insensible à son charme, à son goût et à ses formes féminines. Bien que le duc soit un jeune homme au grand coeur et aux idées super pour l'époque (^^) il restait un homme, avec tout ce qu'il y a de plus primaire.
Etre insensible à un décolleté comme celui que son amante avait osé aurait été, non seulement insultant pour elle, mais il aurait également fallu se poser des questions sur la santé mentale du duc...

Non non, il avait eut le nez de passer rapidement sur cette mise en valeur physique lorsqu'Isabelle avait encore le regard baissé. Il ne voulait pas l'importuner : cela n'était pas correct de regarder la poitrine d'une femme en lui parlant ! Et puis, rester scotcher longtemps sur l'atout qu'elle avait découvert aurait sans doute éveillé en notre cher Beaufort des sensations masculines assez incontrôlables qu'il avait malheureusement, il fallait l'avouer, déjà connues.

Sa voix suave, son regard d'ébène et sa quasi-indifférence ne lui faisait pas regretter le voyage. Il ne s'était pas attendu à un tel accueil et, il fallait l'avouer, il en était plutôt content... Quel homme n'autrait pas été heureux que sa promise joue une telle scène ? Il aurait fallu être fou, et François ne l'était pas !


" Bonsoir Isabelle... "

Il s'approcha, prit doucement sa main et la baisa, comme il l'aurait fait face à une courtisane, avec le regard clair qui tue en prime. Un léger sourire en coin et une révérence plus tard, Beaufort tendit son bras à la belle demoiselle. Il se prenait à son jeu et, une fois qu'elle s'accrocha gracieusement à son bras, il l'entraîna dans l'appartement qui serait le leur pendant une nuit.

La porte refermée, ils s'avancèrent dans la pièce. François admira sa Reine, un sourire aux lèvres.


" Que me vaut l'honneur de ce rendez-vous ? "

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MessageSujet: Re: Isabelle s'en mêle (ou Comment persuader un duc) [ PV F. ]   Sam 8 Mar - 20:29

Est-ce qu’on a idée de ce que peut ressentir une jeune fille dans ces situations-là ? Elle savait ce qu’elle avait à faire. Elle savait que la tâche, bien qu’elle ne soit pas si déplaisante dans la forme, serait ardue pour le fond. Et là, observant que son plan débutait à merveille et que François était si, si, si remarquablement divin dans son costume, chose que l’on remarque à des lieues de là, la belle dût tout simplement retenir son souffle pour qu’il ne puisse déceler ses sentiments.

Emue. En vérité, voilà comme elle était.

Mais il ne fallait pas qu’il le sache. Au contraire. Elle devait paraître neutre, et sûre d’elle.

Un unique sourire lui sortit, et ce fut bien de ceux en coin, comme qui dirait « je savais que cela vous plairait ». Seule permission, bien discrète, d’ailleurs, qu’elle effaça très vite. Se déconcentrer aurait été inadmissible.

Presque impatiente, sinon anxieuse, Isabelle répondit vivement, non sans grâce, au salut du duc de Beaufort. D’une manière presque étrange, elle le fixait et ne le quittait pas des yeux. Sans sourire. Sans rien dire. Ces orbes ébène brillaient d’une lueur non commune. Sous la lumière sombre et floue des bougies nocturnes, il semblait bien que ses yeux de biche ne cherchaient qu’à passer un indéchiffrable message.

Mais il n’en prendrait connaissance que plus tard.

Avec cette même impatience, la brune saisit le bras de son amant. Du calme. On ne doit pas manquer d’élégance. Il fallait juste qu’il l’admire, ne serait-ce qu’un peu.

Elle attendit, de la finesse de la galanterie de Beaufort, que le jeune noble lui ouvrît la porte, la laissant passer d’abord. Rentrée, son regard ténébreux de ce soir se promena dans la pièce. C’était sombre. Ce n’était que l’antichambre. Non. Il lui fallait la chambre. Au cas où.

Au cas où plein de choses.

Assez rapidement, la jeune fille traversa, déterminée, la première pièce. Seule, elle entra dans la deuxième, une énorme chambre bien ornée de richesses.

Enorme, du moins, pour ses yeux de petite servante.

Fascinés, ses yeux s’y attardèrent un instant, avant de constater une évidente pénombre dans cet endroit. C’est que les bougies de la pièce n’étaient pas allumées. Experte en la matière, très vite, elle put s’accoutumer de la semi-obscurité, et repéra une chandelle qu’elle eut vite fait d’allumer. Ainsi, en un tour.

Bien.

Une fois cette lumière aux tons de romance imposée, l’itinéraire de la brunette sembla évident. Tout était tracé. Tout le plan était là, dans sa tête. Le reste ne dépendrait que de lui. De lui et de rien d’autre. Il fallait juste qu’il l’aime assez.

Plus un regard pour la pièce. La curiosité l’avait quittée. Dans l’immédiat, la seule chose qui l’intéressa fut une chaise. En bois et satin... Elle serait parfaite.

La belle domestique se tourna par la suite face au jeune homme qui l’accompagnait. Et elle avait compris. C’était le moment de vérité.

Un pas en avant. Deux pas. Elle feignit de s’intéresser aux meubles, avançant dans la chambre, vers lui, avec une grâce non difficile à discerner. Toute exprès.

Alors, elle releva les yeux.

Et on y voyait une détermination telle, qu’elle devenait un évident signal de danger. Ou tout du moins, assez pour faire comprendre au duc de Beaufort que son sujet « urgent » n’était pas une simple excuse pour le voir cette nuit en particulier.

La voix grave de François retentit, chaleureuse, dans la pièce, et presque en un écho suave, le son se répercuta sur les murs marbrés. Il souriait.

Pression ? Ou au contraire, un relâchement ? Elle ne savait plus ce qu’elle ressentait. Tout ce qu’elle savait, c’est qu’elle avait soudainement très peur. Une peur horrible de perdre ce sourire à tout jamais lui serrait les entrailles. Au point que, s’il n’y avait pas eu le plan, elle l’aurait entraîné immédiatement dans un rattrapage de temps des plus convaincants.

Mon Dieu. Il fallait qu’elle soit convaincante. Il le fallait tellement…

Enfin, elle s’avança jusqu’à être très proche de lui. Elle le scrutait, toujours fixement. D’en bas, car sa taille n’atteignait pas la hauteur de François. Mais elle le fixait résolument. Intraitablement. Comme si le lien était tout à fait impossible à dissoudre.

Parce que, encore et toujours, impossible de n’être pas captivée.

Mais elle savait ce qui allait se dérouler ensuite. Voilà son avantage. Elle savait pourquoi. Elle savait comment.

Lui, il aurait la surprise. Cette surprise qu’elle avait décidé de lui faire. Elle voulait lui faire ressentir une chose forte, très forte, une chose que, pensait-elle, seul un homme comme lui pourrait ressentir pour une femme comme elle.

Cette chose, qui lui était tout de même étrangère en tout point, c’était sa seule arme. Celle pour laquelle Marie et elle avaient passé de longues heures à se questionner, ensemble, sur la capacité de leurs respectifs amants de ressentir de telles choses pour elles. Comment les mener à ce sentiment.

A cette envie.

Au désir.

En pensant à ce nom, elle eut l’envie de frissonner. Imperceptiblement, certes. Mais impossible de s’en empêcher. Ce mot, il contenait bien trop en deux syllabes. Ce mot déterminait son présent et son futur.

Et surtout, ce mot lui faisait peur. Très peur.


« François… »
émit-elle d’une voix susurrée, presque faible.

Un sourire presque candide vint se loger sur ses lèvres. Il ne fallait pas qu’il s’alarme, en fait. Il fallait qu’il la perçoive comme un agneau qui va voir le loup. Et ensuite, elle n’aurait aucune peine à prendre la place du loup.

Comme il allait droit au but, elle ne pensait pas devoir lui révéler ses véritables intentions tout de suite. Pas qu’elle craignait, vraiment et en tout, de l’effrayer, de l’effaroucher. Non. C’est juste qu’il faut parfois, pour arriver à son but, commencer délicatement. Et là allait toute sa stratégie. Elle devait commencer le plus innocemment possible, pour ensuite le rendre fou.

Il n’aurait pas le choix.

Impensable qu’il ne craque pas.


« Vous savez… je trouve que l’on ne passe pas assez de temps ensemble. »


Pas faux. Elle se sentait si câline, si féline, qu’elle ne pouvait être qu’en manque de lui. Sauf qu’elle n’avait toujours pas répondu à sa question.

Et à cette chaleur, qu’elle avait retenue à grand peine de faire surface tout à l’heure dans les couloirs, de jaillir et de submerger le duc. Elle, qui l’avait traité si froidement au début…

Aucun doute que la jeune femme n’hésitait plus à user de son charme. Ses longs cils adoucissaient le regard de velours, et ce sourire (pas si) innocent visait à fasciner Beaufort. Son cou, qu’il avait apprécié parfois, invitait non plus à de tendres baisers papillon, mais déjà à de furieuses attaques acharnées.

Belle ? Charmante ? Oh, oui, elle l’était. Et impossible ne pas s’y brûler.

Douce, aussi. Elle l’entraîna avec une délicatesse presque touchante, le prenant par la main, caressant ses joues du regard. Et ce fut jusqu’à la chaise de satin qu’elle l’emmena. Gentiment, elle lui fit signe de s’y poser, avant de s’asseoir résolument et d’autorité sur ses genoux.

Geste qui était tout à fait osé, voire indécent.

Ainsi, dans cette même position, elle se calla de manière confortable. D’un doigt qu’elle posa sur la joue de Beaufort, elle l’obligea à tourner le visage en sa direction. Alors, elle s’approcha. Elle pencha la tête, afin que ses lèvres en feu soient très proches de celles de son amant. Inconsciemment, elle sentit ses bras forts se resserrer autour de sa taille.

En fait, elle avait envie, plus que tout, d’enterrer son visage dans son cou, de respirer ce parfum masculin qui l’enivrait déjà. De se blottir contre lui et de ne jamais ressortir de cette forte étreinte. Oui, c’est ce qu’elle aurait voulu faire.

Mais, sachant qu’il ne fallait pas se presser, la douce commença tout d’abord par une torture très subtile. Autant pour lui que pour elle.

Au coin des lèvres, elle lui posa une série de baisers taquins. Même s’il avait voulu la surprendre et placer sa bouche juste sous ses lèvres attentionnées, elle ne l’aurait pas permis. Elle faisait bien trop attention à cela pour se laisser ainsi piéger.

« Je ne supporte plus… Vous me manquez tant, et il y a toujours quelqu’un ou quelque chose entre nous. Ce soir, je voudrais juste que l’on parle. Que l’on soit tranquille, et c’est tout… rien que vous, et moi. Ce serait la première fois depuis longtemps que je suis toute à vous. »

La brunette avait fait exprès de remplacer un logique « vous êtes tout à moi » par « je suis toute à vous ». Il semblait que donner l’impression à François qu’il conservait un certain pouvoir sur elle serait de bon augure.

Seulement, elle comptait bien mener la danse.

Bon. Jusque là, il ne pouvait pas savoir vraiment ce qu’elle voulait. De toute manière, s’il savait déjà, il y avait de fortes chances pour que le plan foire, alors il valait mieux qu’il ne sache rien.

Tendre, elle l’embrassa, cette fois bien sur la bouche. Mais de ces baisers qu’ils échangeaient rarement, parce que bien trop innocents. De ceux-là que, lorsqu’on ouvre les yeux, déçu, on se dit : « c’est tout ? » En un mot, frustrant.

Peu importe qu’elle soit frustrée. Ce qu’il fallait, c’est que lui le soit. Et la belle séductrice se déliciait à prévoir ce qu’elle lui réservait encore.

Il ne serait pas déçu.

Afin, qui sait, qu’il ne la prenne pas pour une folle nouvellement capricieuse, la demoiselle crut bon de sourire. Le sourire radieux, celui réservé tout à lui. Celui qui disait clairement ‘Fais-moi confiance’.

Peut-être qu’au fond, c’était juste égoïste, que de vouloir lui sauver la vie. Peut-être était-ce très impertinent et même choquant que de tenter de la sauver de cette manière-là. Peut-être. Mais, dans son esprit, c’était quelque chose de bien. Vouloir le retenir… permettrait tout simplement de sauver un futur incertain. Très incertain. Mais des plus riches et des plus beaux qui soient.

Personne ne pouvait dire que François de Vendôme ne méritait pas la vie. Pas devant elle. Et surtout pas François lui-même.

Histoire de ne pas laisser les choses en reste, Isabelle approcha suavement ses lèvres de la chair du cou de Beaufort. Tout simplement, sans s’y accoster, elle y laissa échapper, durant quelques secondes, un souffle bien mesuré. Ses yeux se fermèrent, incapables de résister au parfum qui la submergeait. A regrets, son visage s’en retira au plus vite, pour mieux fixer le beau brun.

Décidemment, rien ne s’avérait facile.

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MessageSujet: Re: Isabelle s'en mêle (ou Comment persuader un duc) [ PV F. ]   Sam 22 Mar - 21:59

La joie de la revoir et de la voir comme à présent était immense. Ils ne se connaissaient pas vraiment sous un tel angle, et, bien que le jeune homme ne soit pas attaché à la noblesse, il fallait avouer que voir Isabelle en pareille posture était plutôt plaisant. Si elle était courtisane, tout serait beaucoup plus facile. Mais malheureusement, il y a des chances pour qu'ils ne se soient jamais rencontrés. En effet, nous savons bien que François préfère garder la distance avec les pimbêches de Versailles : heureusement que la brunette venait du petit Paris ! Enfin, heureusement pour leur amour, mais c'était le seul avantage. Car imaginer son amante et sa famille dans la famine
et la maladie n'était pas vraiment l'extase...

Enfin, après ses bonnes habitudes de nobles, le jeune Duc suivit sa princesse. La première pièce n'était pas éclairée et, mis à part au petit matin, il ne l'avait jamais vu comme ceci ; ce ne serait pas non plus pour ce soir. Les
jeunes amants passèrent dans la chambre qui était étonnamment sombre. On l'avait habitué à mieux que ça ! D'habitude, il arrivait toujours dans une pièce prête à vivre ! Mais ce n'était point grave, il n'était pas du genre à se plaindre pour si peu, surtout qu'Isabelle eut vite fait de rétablir une situation confortable.

La chambre n'avait pas changé depuis sa dernière visite. L'endroit était toujours aussi richement décoré et la belle demoiselle semblait curieuse et admirative peut-être. Le jeune homme fut vite ramené à la réalité par sa tendre qui l'obligea presque -mais de manière terriblement douce- à s'asseoir sur l'une des ravissantes chaises qui régnaient là.

Elle s'installa confortablement et, inconsciemment, François la prit par la taille. Leur jeu commençait à prendre une tournure brûlante, et ils n'avaient encore pas connu le pire... Il ne savait pas ce qui conduisait Isabelle à être
ainsi, mais son brin de curiosité humaine ne pouvait pas rester enfouie. Elle était ravissante, belle, et elle avait su mettre totalement en valeur ses atouts de femme ce qui ne pouvait que plaire au jeune Duc.

La brunette avait raison : ils étaient toujours dérangés par quelque chose ou quelqu'un et il n'avait pas l'intimité qu'un couple "normal" possédait généralement. Il pensait que cela devait être beaucoup plus facile pour son cousin ; quoi que... Rien n'était moins sûr car sa tante n'était pas toujours très douce.


" Vous avez entièrement raison. Nous avons la soirée et la nuit devant nous pour partager ce que vous voudrez. Rien ne nous dérangera ici ; personne ne sait qui passe la nuit en ce lieu. De quoi désirez-vous parler ? "

Il était direct mais espérait secrètement en venir au fait. Il était un peu impatient de savoir pourquoi elle faisait tant d'efforts qui étaient, mine de rien, superficiels puisqu'il l'aimait comme il l'avait rencontrée. Il la connaissait assez sauvage, naturelle, un peu tourmentée d'après les circonstances de leur rencontre, forte tête aussi. Tout cela faisait qu'elle était unique et elle seule avait réussit à dérober un coeur pourtant très convoité.

Encore une fois, elle réussissait à faire du baiser un instant décidemment trop court. C'était le premier échange buccal de la soirée et François espérait bien que d'autres suivraient parce qu'il aimait trop cela. C'était une sensation
qu'il appréciait secrétement, ou pas d'ailleurs.

Mais son sourire pardonnait tout de suite le supplice que la belle demoiselle s'amusait à lui faire subir. Un simple rictus, un simple et tendre regard, il oubliait un peu tout le reste. Oui, il lui faisait confiance. Mais le jeune Duc était loin de se douter que le but de la soirée était de le retenir ici, au lieu qu'il aille se battre sur le front avec son cousin royal.

Le souffle d'Isabelle dans son cou ne faisait qu'amplifier l'envie qu'il avait de retrouver ses lèvres. La brunette et Marie voulaient que leurs amants goûtent au désir ? C'était chose faite pour le Duc de Beaufort dont les pensées, très nettes encore, ne sauraient tarder à basculer dans un monde qu'il n'avait pas souvent appréhendé.

Il approcha son visage du sien, pour basculer, au dernier moment, et déposer un des doux baisers dont il avait le secret dans le cou dénudé de sa maîtresse. Elle avait succombé un peu plus tôt à son parfum, il faisait de même mais se laissa prendre au piège et renoua avec l'envie de couvrir l'endroit de baisers. Ainsi, il céda et déposa plusieurs fois ses lèvres
sur la peau douce d'Isabelle.

Après une pause, il releva la tête, un fin sourire au coin des lèvres. Ses yeux trouvèrent refuge dans ceux sombres de la Reine des Halles pour ne plus les quitter.


" Vous désiriez parler, je crois que nous nous sommes distraits... "

Et quelle douce et agréable distraction que la jeune femme ! Beaufort n'aurait pu imaginer pareil moment de bonheur...

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Isabelle Tremblay
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MessageSujet: Re: Isabelle s'en mêle (ou Comment persuader un duc) [ PV F. ]   Lun 24 Mar - 23:56

Toute la nuit… loin du monde.

Après tout, comme il disait, personne ne savait qu’ils étaient là. Ils avaient toute la nuit.

Dans cette perspective, évidemment, autant faire nuit blanche. Mais cela sous-entendait des choses et des choses. Si Isabelle savait qu’elle devrait peut-être en arriver à ce point, elle n’était même pas sûre encore d’être prête à considérer seulement l’idée.

A la fin, qui était un danger pour qui, hein ?

Réfléchissez. Serait-ce la Brunette qui croyait piéger, ou le beau, fort, vaillant, militaire, mâle, et futurement frustré (si le plan marchait) duc de Beaufort ?

Oooouuuuh. Dans ce sens-là, Isabelle Tremblay est dans le pétrin.

Je veux dire, d’accord, elle n’était pas faible. Elle était capable de se défendre dans un combat corps à corps et même de prouver qu’une fille n’est pas forcément plus faible qu’un homme. Ouais. Du moins, elle en était capable dans ses années d’enfance.

Oui, mais… depuis, son corps avait changé. Il avait pris des caractéristiques féminines, et donc des faiblesses tout à fait féminines. D’une part. Ensuite, il fallait dire qu’elle ne se voyait pas donner un coup de poing à François.

Oh que non.

Elle en était totalement incapable, et il faut bien la pardonner. Parce que la raison est bien connue, elle est des plus célèbres : c’est l’amour.

Et contre l’amour, il n’y a pas de coup qui tienne.

Donc oui, Isabelle Tremblay s’est attiré des ennuis pas possibles en un rien de temps. D’accord, il aurait fallu prévoir plus tôt. C’est vrai.

Pourtant, là n’était pas ce qui la préoccupait le plus. Au fait. Elle s’inquiétait surtout du déroulement du plan. Au fond, elle ne croyait pas François capable de… hum, viol, alors.

Alors.

Il était bien trop parfait pour ça, hein ?

Ou presque parfait. Les amants parfaits ne partent pas à la guerre en laissant leur pauvre pré-veuve éplorée à les attendre indéfiniment. Mais ça c’est un détail.

Et puis de toute manière… être consentante à tout ce qu’il voudrait faisait partie du plan. On déterminerait un accord en temps voulu. Ce serait l’idéal.

Mon Dieu, l’angoisse.

Mais la Brunette était déterminée. Alors, advienne que pourra.

Vrai, la question de Beaufort menait tout droit à l’objectif de cette rencontre. Est-ce qu’il avait compris que le sujet serait somme toute très important ? Que tout cela lui tenait à cœur, et que c’était pour cela qu’elle se donnait tant de mal ? Qu’il ait compris ou pas, elle n’était pas sûre que révéler sa cause était le terrain le plus sûr. Soupir. Dans ce cas, comment exposer de façon subtile ses arguments ?

Afin de réfléchir encore un peu, elle débuta donc avec l’autre côté des arguments. Parce qu’il y avait d’un côté les paroles ; et de l’autre, les arguments purement physiques.

Elle avançait dans son plan, doucement, mais sûrement. Il lui semblait bien que tout allait pour le mieux ; déjà, voir qu’il ne l’avait pas repoussée lorsqu’elle s’était inopinément assise sur ses genoux avait été un soulagement, et maintenant ses manières de le laisser sur sa faim faisaient effet. Elle le voyait dans ses yeux. Après tout, elle l’avait habitué à mieux que cela.

Infailliblement, François, bientôt excédé, ne tarda pas à diminuer le niveau d’innocence dans ses douceurs ; il attaqua son cou.

Et elle savait qu’il savait.

Il était tout à fait au courant.

De quoi donc ? Mais de la faiblesse de Mademoiselle Tremblay.

En un mot, un baiser de lui dans le cou d’Isabelle suffisait à la rendre folle.

Prise de court, la demoiselle ferma instantanément les yeux. Afin de mieux supporter les ondes violentes qu’en elle répandait ce contact, il lui fallut aspirer une grande quantité d’air. Déjà, la température de son corps avait atteint un degré supérieur à la moyenne normale pour un corps humain.

Morbleu, qu’il faisait chaud, par ici…

Toute retournée déjà, Isabelle eut du mal à se reconcentrer sur son principal objectif. Qu’est-ce qu’elle faisait là, déjà ? Ah oui… ça avait quelque chose à voir avec François, et… hum… n’y avait-il pas autre chose ?

Ah, les rumeurs. Reviens à toi, Is, c’est sérieux.

Plus facile à penser qu’à le faire. Il faut dire que, immanquablement, elle ne put s’empêcher pendant une minute toute entière de diriger ses esprits exclusivement sur le fait que la bouche de François de Vendôme était très, très sensuelle lorsqu’il faisait de l’humour.

Même lorsqu’il n’en faisait pas, d’ailleurs.

Oh, malheur. Elle n’y arriverait jamais.

Jamais, vous dis-je.

Ciel.

En bref, après quelque temps de divagation hormonale, il fallut bien que notre séductrice en herbe reprenne ses esprits et tente de placer misérablement un petit bout de phrase au semblant intelligent.


« Hein ? Euh… oui, c’est vrai… »

Hourra.

Allez, réfléchis.

Tout compte fait, il fallait bien qu’elle lui révèle pourquoi. Mais avant, en garantie, elle prit une résolution tout à fait pertinente. Simple, mais pertinente.

Cette résolution consistait à modifier sa position sur les genoux du galant. Comme si elle n’était pas confortable (blasphème !), la Brunette entreprit de la réarranger ; elle bougea un peu afin d’être plus droite, se dressa mieux, tant et si bien que le duc se trouvait maintenant très exactement nez à nez avec son décolleté.

Presque le nez dedans. Presque.

Et encore, elle eut assez d’insolence pour faire comme si elle ne s’était aperçue d’absolument rien.

Quelque fois, pensait-elle, elle n’avait rien à envier à la meilleure des comédiennes.

Son action suivante fut de relever le visage de son homme vers le sien avec une douce main, de faire sa tête la plus suggestive et de le plonger dans un baiser mémorable.

Baiser relativement long, aux allures fougueuses. Mais, contre toutes ses envies et celles évidentes de François, elle refusa d’approfondir.

Car le plan, c’était un long et sinueux chemin jusqu’à l’atteinte de l’objectif.

Mais déjà, elle avait du mal à respirer ; ses joues rougissaient toujours plus, et même sa patience commençait lentement à s’écouler. En fait, elle était elle-même excitée par la suite des évènements. D’une certaine manière, elle avait envie, elle aussi, de se laisser prendre par ce sensuel petit jeu ; mais n’empêche, sa peur d’aller trop loin et de s’en repentir était ce qui lui permettait de suivre le plan dans le rythme qu’elle s’était imposé.

Malgré tous ses hormones, elle savait qu’elle n’était pas prête. Mais il faudrait bien. Un moment, ou un autre…

Selon ce que lui dictait le plan, elle colla son corps un peu plus contre celui du jeune homme. Des frissons discrets lui parcouraient l’échine, de temps à autres. Distraitement, ses mains vinrent jouer dans les cheveux noirs du duc. Ses yeux ne le quittaient pas, bien qu’à semi-clos.

Et alors, une question involontaire, intriguée, soudaine, mais légère, franchit ses lèvres assoiffées.


« Dites-moi, mon François… m’aimez-vous toujours ? M’aimez-vous comme une femme ? Comme une vraie femme ? » Pause. « Jusqu’où… seriez-vous prêt à aller pour moi ? »

La question ne faisait pas vraiment partie du plan. Isabelle se mordit la lèvre, coupable. Elle se relâchait. Il ne fallait pas. Il fallait qu’elle soit ferme. C’était tout de même la vie de l’élu de son cœur, de l’homme avec qui elle voulait partager sa vie qui était entre ses mains. Et si cette question le troublait, lui faisait comprendre qu’il y avait quelque chose, et, peut-être, lui fournissait des contre-arguments à la thèse qu’elle soutenait ? Elle ne se le pardonnerait pas. A la moindre faute, elle avait peur que tout s’effondre, et qu’il parte.

Qu’il la laisse toute seule.

Qu’il prouve, tout simplement, qu’il n’était pas assez amoureux d’elle pour la choisir face au devoir.

En un mot, qu’elle n’était pas une vraie femme, incapable d’envoûter complètement l’homme de sa vie. Incapable, aussi, de protéger ce à quoi elle tenait…

La bêtise était faite. Isabelle soupira. Il ne restait plus qu’une chose à faire. Elle prit un semblant bien plus sérieux.


« On m’a raconté des choses, François. Et franchement, elles ne me plaisent pas. Il paraît que vous comptez partir au front. »

Impressionnant fut le contraste entre ses airs d’avant et celui d’à présent. Alors qu’elle semblait si fraîche, si provocante, et bien que ses sentiments de tout à l’heure n’étaient pas dissipés, son ton était plus direct, sa voix plus ferme. Elle scrutait ses yeux clairs d’un regard pénétrant et implacable ; sans être dure pour autant, elle lâcha, avec autorité :

« Je veux que vous restiez. »

Elle savait que ce ton ne serait pas celui qui ferait le plus plaisir à Beaufort ; pourtant, elle ne savait pas comment expliciter mieux que cela son souhait le plus cher. Elle était autoritaire, mais elle avait ses raisons. C’est une brillance triste qu’on voyait illuminer ces orbes noirs, qui refusaient toute alternative différente à sa décision. De peur que cette déclaration on ne peut plus claire n’ait autre effet que celui d’être repoussée par François, elle tenta de jouer aux plus rapides et effleura la joue de son amant, légèrement piquante à cette heure, de la sienne, plaçant sa bouche juste à côté de son oreille.

Et ce qu’elle chuchotait là, c’était un de ses arguments les plus forts. Il accéléra les battements de son cœur, et lui pouvait sûrement le sentir, puisque sa poitrine était toute contre son corps.


« Je t’aime, François. Ne pars pas. »

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Si tu penses m'oublier,
oublie ce que tu penses.


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MessageSujet: Re: Isabelle s'en mêle (ou Comment persuader un duc) [ PV F. ]   Mar 25 Mar - 23:08

Beaufort était certes loin de la perfection ; notamment puisqu'il allait laisser la femme de sa vie à Paris pendant qu'il irait se battre au frond ; mais il était incapable de commettre un pêché tel que le viol. Surtout sur Isabelle ! Jamais un tel acte ne lui avait d'ailleurs effleuré l'esprit. Il était bien trop droit et puis, sans se vanter, c'était un beau jeune homme.

Mais il ne pensait même pas, seulement à lui voir l'épaule, à cet instant précis. Elle était légèrement provocante, et, en mâle qu'il est, l'idée de finir la nuit blottit contre elle lui avait évidemment effleuré l'esprit. Mais en tout bien tout honneur hein ! N'allait pas croire que notre jeune Duc était l'un des obsédés de l'époque ! Non pas !

Et puis, il fallait avouer que la brunette ne facilitait pas la tâche à Beaufort : son goût actuellement prononcé pour la paraître féminin ne pouvait qu'amplifier ses ardeurs masculines ! Bien que le garçon fasse tout son possible pour empêcher ses yeux de dévier vers le décolleté plongeant de sa belle, cette dernière ne trouva autre moyen que de placer ce délicieux atout juste en face de son regard océan !! Avouer tout de même que c'était pousser le vice à l'extrême ! Méchante Isabelle. tongue

Heureusement, François n'eut pas à tenir longtemps, puisque son amante eut la riche idée d'entamer un langoureux baiser. Ca faisait longtemps ! Et qu'est-ce que c'était agréable ! Il en avait presque oublié la saveur. Mais, une fois de plus, l'instant fut trop court. Isabelle : perdez l'habitude de vous montrez aussi radine ! Vous mourriez d'envie de continuer ! Pourquoi alors s'arrêter en si bon chemin ?!

Leurs regards ne se quittaient plus (et tant mieux pour le beau brun qui aurait eut vite fait de malencontreusement baisser les yeux ; on ne sait vers où d'ailleurs...) et la sensation de ses fins doigts dans ses cheveux le fit légèrement sourire. Il regrettait de ne pas la voir plus souvent. Ils étaient proches et cette proximité inhabituelle ne le dérangeait pas tant que ça. La chaleur qu'elle dégageait, au sens propre comme au sens figuré était étonamment délicieuse.

Les questions qui vinrent troubler l'osmose méritaient des réponses claires et évidentes.


" Bien sûr que je vous aime. "

Sa voix grave était posée, sincère. Son visage était rayonnant, son regard des plus étincelants. Il se sentait terriblement bien.

" Comment pourrais-je vous aimer autrement qu'en tant que femme ? Vous ne pourriez mieux représenter ces mystérieuses créatures. "

Il savait que dans le domaine 'mystère', il était pas mal non plus. Mais ne disait-on pas que les femmes sont une espèces
mal connue et quasi indomptable ?

Son ajout était-il un piège ? Qu'attendait-elle comme réponse ? Beaufort écouta son coeur.


" Je serais prêt à donner ma vie pour vous. "

Son changement brutal d'humeur n'annonçait rien de bon. Beaucoup plus sérieuse, comme il l'avait déjà vu d'ailleurs, Isabelle ne donnait pas l'impression d'avoir envie de plaisanter. Et Beaufort comprit très vite de quoi il s'agissait.

Le départ au front était à l'ordre de la soirée ! C'est donc pour cela qu'elle avait tant prit sur elle pour ressembler à la courtisane qu'elle n'était pas ?! Elle n'avait pas besoin de se transformer pour plaire au jeune Duc, encore moins dans le but de parler de son départ proche !

La première émotion qui toucha François fut la déception. Enfin, il n'était pas vraiment déçu mais... Si, en fait, il l'était. Elle ne le connaissait pas assez pour lui demander cela ; dans le sens ou, de toute manière, elle devrait savoir qu'il était homme de front avant tout. Il avait quasiment grandit sur un champ de bataille, et, quoiqu'on en pense, il avait ça dans le sang.

Il n'aimait pas forcément tuer, mais pour défendre son pays, il était prêt à sacrifier sa vie qui, jusque là, ne rimait pas à grand chose. Maintenant, il est vrai qu'il appréciait les jours où il voyait Isabelle, tout simplement parce qu'elle le rendait heureux.

Son autorité ne changeait pas sa première impression ; l'amplifiant même. Son regard devint fuyant.

Comment lui dire qu'il ne comptait pas renoncer au combat ?

Comment lui dire que, bien qu'il tienne à elle plus qu'à toutes ses possessions, il ne pouvait pas abandonner son cousin et les autres soldats ?

Il aurait pu la repousser et se lever, rien que pour parler face à face et debout ; mais la brunette avait probablement sentit le malaise... Pour la première fois, elle le tutoya et il comprit sa détresse. Ses yeux sombres étaient également entièrement expressifs mais... Que pouvait-il dire ?

Il savait d'avance qu'elle n'accpeterait pas sa décision, et cela l'embâtait vraiment. Il était fou amoureux, et, malgré cela partirait dans quelques jours, laissant derrière lui son coeur.


" Isabelle, je ne peux ma passer de... Toi. Mais la liberté de notre pays et votre liberté est bien plus importante que ma vie. Je n'ai aucune envie de vous quittez, et pourtant, il le faut. "

Le tutoyement était difficile, de part ses habitudes ; mais il comptait bien la tutoyer un jour. D'ailleurs, il n'avait jamais fait attention à quel point c'était agréable d'être tutoyé. Mais, le sujet était bien plus grave.

Il serra la brunette contre lui et ferma les yeux, s'imprégnant de son odeur fémininement délicieuse.
Il regrettait sincèrement de lui
faire une telle peine.

A contre coeur, il se leva doucement, obligeant, par la même occasion, son amante à se retirer des ses genoux. Ils se faisaient face et Beaufort prit les fines mains de la jeune parisienne.


" Je vous aime. Et en partant, je vous confie mon coeur. Je ne peux faire autrement que d'accompagner le roi. Louis compte sur ma présence, et il est de mon devoir d'homme que de me battre pour votre survie. "

Il savait déjà qu'il était condamné à subir les futurs reproches de sa belle. Mais vraiment, il ne pouvait faire autrement.

La soirée tournait quasiment au cauchemard.

Il voulait bien la terminer ! Il avait tout gâché. Enfin... Ils avaient tout gâché...

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Isabelle Tremblay
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MessageSujet: Re: Isabelle s'en mêle (ou Comment persuader un duc) [ PV F. ]   Dim 30 Mar - 22:56

Rien que pour cet aveu, la belle laissa s'échapper un joli sourire. En récompense, elle l'embrassa rapidement. C'est que ni elle, ni François n'avaient souvent l'occasion de déclarer leur flamme par ces trois petits mots si doux à l'écoute. En ce qui la concernait, elle avait toujours peur de faire preuve de trop d'ardeur, et d'ainsi désintéresser le jeune duc de sa personne. N'est-ce pas, que se dévoiler un peu trop pouvait lui faire du tort ? Après, nulle occasion de corriger ses mots ; on les assume. Et commettre l'erreur d'en dire trop ne cessait de tourmenter la pauvrette.

La réponse à sa deuxième question n'était pas exactement, à vrai dire, celle à laquelle Isabelle s'attendait. Elle constata, chagrine, que son amant n'avait pas compris le sens de ses mots. Pour lui, le mot "femme" se définissait par "personne du sexe faible". Très bien. Sauf que pour elle, il prenait un tout autre sens. Ces cinq lettres cachaient, dans son esprit, des plus profonds sous-entendus, des questions plus difficiles.

Mais que cherchait-elle, au juste ? Ce qu'elle avait demandé, en fait, c'était comment la voyait-il. Qu'avait-elle espéré comme réponse ? Peut-être...

Ses propres pensées la gênaient. Elle n'était même pas sûre du sens qu'elle voulait donner à ses mots. Ce qu'elle savait, c'était juste qu'il valait mieux, en fin de compte, qu'il ne cherche même pas à comprendre ce qu'elle avait pu imaginer à ce moment-là.

Et puis, ça lui apprendrait à poser des questions ambigües, tiens.

Et alors, Isabelle posa la troisième et dernière question. Cette fois, elle s'y attendait. Elle savait qu'il répondrait quelque chose de similaire. Résolument, ses mots ne la laissaient pas indifférente ; car un homme capable de mourir pour vous ressent forcément quelque chose de très fort à votre égard. Oui. Sauf que...


"Merci... Vous m'en voyez flattée. Mais c'est bien facile, de parler de mourir pour quelqu'un, puisqu’on n'a pas de contrôle sur la mort. Mais moi, je ne veux pas que vous soyez tué, même si c'est pour moi. Alors dites-moi... seriez-vous capable, si je vous le demandais, de vivre pour moi ?"

Décidément, Brunette faisait bien des énigmes ce soir. Celle-ci était des plus sérieuses.

Elle, elle savait très bien ce qu'elle voulait dire par là.

Qu'elle ne le voulait pas mort. Qu'elle le voulait vivant. Et qu'il n'avait vraiment, vraiment pas intérêt à mourir.

Ce qui, pensant à la guerre et tout, était à deux doigts d'arriver.

D'où la présence et la démarche d'Isabelle dans cette conversation, etc. etc.

Bref.

C'est vrai que la Brunette n'était plus du tout joueuse. Voilà que sa mission prenait un tournant dangereux ; elle savait bien que révéler ses intentions mettait tout en risque.

Qu'il allait contre-argumenter, lorsqu'il saurait.

Et qu'elle devait se tenir prête à riposter.

A vrai dire, elle n'avait pas fait exprès de tutoyer son duc. C'est vrai, ce n'était pas usuel entre ces deux amants, peut-être encore trop timides pour oser se désigner plus familièrement ; mais elle l'avait fait, là, maintenant, parce que l'aveu lui avait sonné plus vrai... plus intime. C'était son coeur de jeune homme qu'elle tentait de toucher, non sa politesse. "Je t'aime", pour elle, avait semblé éternellement plus beau, plus court, plus juste et plus limpide que "Je vous aime".

Mais elle savait, de toute manière, que ce n'était pas ce qui lui ferait changer d'avis.

Bien sûr, elle ne manqua pas de ressentir comme un glacement dans son coeur en écoutant François se récrier. Bien sûr, son regard revint à chercher le sien, mais les yeux de son amant la fuyaient. Bien sûr, cela faisait mal.

Mais elle avait décidé de tenter le tout pour le tout. Jusqu'au bout.

Non. La chose était bien trop compliquée, bien trop préparée pour qu'elle abandonne maintenant.

Ainsi, Brunette garda une mine impassible. Elle resta calme, inspirant fort pour garder le contrôle et ne pas se laisser aller à la panique, qui la perdrait.

Parce que son coeur battait de plus en plus fort, pour diverses raisons. Et l'une d'entre elles, c'est qu'elle avait peur de ne pas être à la hauteur.

Mais, no problemo, ok ? Elle y arriverait. Ce n'était pas parce qu'il donnait quelques arguments, assez peu valables aux yeux de la jeune femme d'ailleurs, que sa mission était ratée.

Qu'elle avait perdu cette bataille.

Voilà, la vraie guerre. Convaincre votre amant de ne pas aller se faire zigouiller la tête.

Elle écouta donc attentivement son amour lui parler de libertés perdues, afin de pouvoir y répondre convenablement. Etrangement, en l'observant, elle se rendit compte qu'elle en était toujours de plus en plus amoureuse. Vrai. Il avait beau tenter maladroitement de lui briser le coeur, cela ne lui donnait que plus envie de se blottir dans ses bras et de le retenir.

Il ne pouvait pas partir. Tout simplement pas. Il était trop jeune pour se faire tuer.

Et elle l'aimait trop pour qu'il la laisse ainsi toute seule...

Un moment, elle n'eut envie de rien dire. Juste tenter de percer le sens de ce qu'il pourrait encore inventer, en but de la convaincre que le front, ce ne serait pas si terrible. Alors, distraite, elle n'avait pas compris tout de suite, lorsqu'il la serra, si fort contre lui.

Mais lorsqu'il le fit, elle lui en fut reconnaissante. Ainsi, un instant, elle ferma les yeux, elle aussi, blottie dans ses bras protecteurs. Bien qu'elle sache pertinemment que c'était lui qui la faisait souffrir d'avance, il lui semblait, lorsqu'elle était comme cela, aussi bien, aussi confortable, que rien ne pourrait jamais arriver. Ni à l'un, ni à l'autre. Parce qu'il était là, pendant ce moment présent, et dans ses pensées, elle se plaisait à imaginer qu'il le serait éternellement. Qu'il resterait là, auprès d'elle, qu'il ne s'en irait pas...

Une chaleur lui envahit le coeur, et elle eut l'impression d'avoir un peu plus de force. Plus sereine, aussi, la belle sussura à l'oreille du duc :


"Je vous aime depuis le premier jour... Depuis le début. Et je vous le jure, mon François, mon amour... si cela avait suffit à vous retenir près de moi, je vous l'aurais dit plus souvent... oh, tellement plus souvent..."

C'était une manière de s'excuser, en quelque sorte, d'avoir si peur de le lui répéter, car au fond, elle s'en sentait coupable. Mais voilà, il le savait, et elle espérait juste qu'il n'oublierait pas de sitôt.

Cependant, il faut dire que Brunette ne fut pas heureuse du tout de voir que François la chassait de ses genoux.

De un, elle avait déjà élu cette position dans son top 10.

Et de deux, elle n'avait pas envie de le laisser s'en sortir comme ça, non plus. Rien que pour l'embêter, elle aurait bien tenté de rester assise le plus longtemps possible ; mais elle s'aperçut vite que si elle ne se levait pas, elle finirait par ridiculement tomber par terre.

Isabelle n'eut donc d'autre choix que de se lever et de laisser François passer en position debout.

Ce n'était pas bon du tout, ça. Tout de suite, elle perdait l'avantage qu'elle s'était procuré : au moins, quand il était assis, elle pouvait le contrôler un minimum. Debout, c'était un peu plus compliqué...
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MessageSujet: Re: Isabelle s'en mêle (ou Comment persuader un duc) [ PV F. ]   Mer 2 Avr - 19:34

Ce qui fit le plus peur à la jeune femme, en fait, c'est qu'elle eut l'horrible impression qu'il se rapprochait un peu de la porte, peut-être même involontairement. Et cela, pour Brunette, eut une signification très particulière...

Il voulait s'en aller. Il voulait partir, comme cela, et raccourcir la soirée ! Leur soirée !

Car si Brunette s'était fixée un but, sa mission n'excluait pas de passer du temps avec le plus beau, le plus mâle, le plus futé et le plus borné homme du monde (définition sortie tout droit du dicco personnel d'une fille dont nous ne citerons pas le nom).

Alors quoi ! Eh ! Monsieur de Beaufort ne voulait plus la voir ? Il ne voulait plus lui parler ? Il ne s'intéressait pas à si elle lui réservait encore quelque chose ou pas ?

Est-ce que par trop d’amour on ne fait qu’éloigner l’être aimé ?

Déjà, elle s’enfonçait un peu. Une pression dans son cœur. Elle était nerveuse. En fait, elle l’était depuis le début ; mais cela venait de s’accroître. Plus que jamais, la menace de le voir partir et ne plus revenir planait. Car elle savait que, si François de Vendôme refusait de rester avec elle cette nuit, ils n’auraient plus aucune chance.

Plus jamais.

Il n’avait pas intérêt à partir.

Luttant pour repousser des larmes trop contenues, Isabelle posa un regard inquiet sur leurs mains jointes. Elle tenta, en vain, de mesurer sa voix ; mais la tension était bien palpable.


"Allons, François... pour ma survie ? Pensez plutôt à la votre, de survie ; je la vois bien plus menacée. Quelle différence cela peut-il bien faire, si vous ne partez pas guerroyer pour l'amour de moi ? Je ne doute pas que vous soyez un excellent militaire. Mais je ne puis m'empêcher d'avoir peur, et de penser que l'on pourrait bien se passer de vous dans les lignes du front. Je n'ai pas confiance en vos ennemis, moi !"

Et puis, ce qu'elle n’arrivait surtout pas à comprendre, c'est pourquoi est-ce qu'il fallait que SON duc de Beaufort parte à la bataille et risque sa vie. Etant donné que c'était un specimen parfait de l'espèce masculine, aucune raison que l'on risque sa précieuse vie pour des futilités, lorsqu'en sécurité, il pourrait accomplir des choses beaucoup plus intéressantes, comme par exemple un total "et ils vécurent heureux pour toujours et eurent des tas de rejetons" avec la fille tout à fait parfaite pour lui (c'est-à-dire, elle-même).

N'y va pas,
Y'a des tempêtes et des naufrages
Le feu, les diables, et les mirages
Je te sais si fragile parfois
Reste au creux de moi...

Tourmentée, la jeune fille tenta de s’imposer le calme ; elle respira un peu plus fort quelques instants. Le pire, c’est qu’elle était bien consciente qu’elle venait de perdre cette sérénité qui lui avait permis de tenir bon jusque là ; si ça continuait, elle allait craquer.

Définitivement, elle allait CRAQUER.

Son regard ne pouvait plus rejoindre celui de François. Elle sentait que si elle levait les yeux, tout serait perdu. Tout. Sa détresse lui remontait à la gorge et aux yeux, tout comme aux poumons ; elle suffoquait intérieurement dans une tentative désespérée de ne pas fondre en larmes.

Et se répéter que tout n’était pas perdu n’aidait pas vraiment, vu qu’elle n’en était tout d’un coup plus du tout convaincue.

Toute son assurance… tout son plan… tout ça… c’est fichu.

Non !

Dans une dernière tentative de s’en réchapper, Brunette, tremblante, tenta de se remémorer un argument. Oh, n’importe lequel ! Cela ferait l’affaire.

Sauf que celui qui lui revint à l’esprit en premier lui était bien trop délicat. Il touchait son cœur tout autant que la situation. Elle gémit doucement de douleur, avant d’exposer, dans un effort surhumain pour paraître calme :


"P-par ailleurs... oublieriez-vous mon père ? Mon père ! Je vous ai raconté sa mort, François. Vous le savez… C'était un bon soldat. Et il n'est plus jamais revenu du front. Ma mère en est décédée, vous souvenez-vous ? Moi aussi, mon amour. J-je sens… Je sens que je vais devenir folle si vous partez... et s'il vous arrivait quelque chose, j'en dépérirais. M'imaginez-vous, ici, folle d'inquiétude, plus morte que vive, attendant chaque seconde de vos nouvelles ? J-je ne peux pas, François… je ne peux pas !"

C’était la goutte d’eau. Elle avait peur, bien trop peur. Elle ne put s’empêcher, un peu trop brusque, peut-être, de relever la tête, et de croiser le regard du jeune homme. Et ainsi que prévu, elle sut à ce moment-là que c’était désespéré.

Elle n’eut pas à réfléchir longtemps. Il suffit d’une goutte salée tombant sur ses lèvres, et tout s’enclencha. Elle pensa juste à comme il lui manquerait… comme elle avait envie de passer tout le temps possible avec lui, avant qu’il s’en aille pour longtemps… peut-être toujours. Elle pensa aussi à ce dont elles avaient discuté avec Marie.

Elles avaient parlé d’un argument ultime…

Pour sûr, ça ne marcherait jamais. Et pourtant… est-ce que… ?

Tout semblait confus, dans son esprit. Tout ce qu’elle savait, c’est que, argument ou pas, elle avait besoin de le ressentir contre elle. Là. Tout de suite.

En quelques secondes, beaucoup moins qu’il n’en faut pour y réfléchir mieux, la demoiselle envoya en l’air tous les restes du plan, rompit le lien de leurs mains et s’avança pour l’étreindre. Et là, sans façon… elle l’embrassa.

D’abord, un peu perdue, Isabelle ne chercha pas à se compliquer les choses. Elle se serra juste contre lui et l’embrassa avec douceur. Et puis, sans plus pouvoir se contenir, comme si cela pouvait libérer ce poids de son cœur, elle approfondit le baiser et y mit tant de passion que d’émotion. Ses sens ne se concentraient plus que dans cet échange amoureux. Oh, cela faisait du bien ! de ne plus se préoccuper de rien…

Longtemps, ils restèrent ainsi. Pour Isabelle, une impression nouvelle se logea dans son âme ; celle que rien ne pourrait perturber ce moment… pour une fois. Pour une fois, elle se sentait libre d’aimer. Pour de vrai.

Même l’oxygène n’était pas un problème ; de temps à autres, pendant quelques secondes, leurs lèvres se séparaient, et elle reprenait son souffle, avant de reprendre de plus belle. Ses yeux demeuraient clos, toujours. Une ou deux fois, elle en profita pour souffler, juste contre sa bouche :

"J’ai juste besoin… d’encore un peu.... de temps…"

Un moment, ses bras remontèrent, doucement, afin de saisir entre ses mains le visage de François. Puis, ils vinrent se loger contre le torse de celui-ci. Encore plus tard, ils entouraient son cou, avant de revenir, indécis, à leur position initiale, autour du corps du jeune homme. Ses mains se promenaient un peu partout, en vérité, en quête de mémoriser chaque angle de son corps et de sa chaleur.

On a tant d'amour à faire
Tant de bonheur à venir
Je te veux mari et père
Et toi, tu rêves de partir ?

Parce qu’au fond, même si elle ne voulait pas y penser, elle savait bien que ça ne durerait pas. Il finirait par s’en aller…

Ne pas y penser… Ne plus penser à rien…

On n’aurait su dire si cela ne faisait que quelques minutes, ou bien plus qu’ils étaient là, qu’ils n’avaient pas bougé. On n’aurait su dire non plus qui des deux amoureux changea quelque chose dans leur étreinte. Mais soudainement, ce ne fut plus du tout la même chose. Isabelle sentit son cœur s’accélérer dangereusement. Abandonnée totalement à ce baiser, elle sentit l’excitation la gagner lorsqu’elle s’aperçut qu’ils avaient redoublé de fougue dans l’affaire.

Et, il fallait bien qu’elle se le demande… Jusqu’où est-ce que cela pourrait bien aller ?

Elle ne répondait plus d’elle-même. Aussi, sans aucune conscience de ce qu'elle faisait, elle reposa ses mains sur le devant de la veste de François. Apparemment avec impatience, elle déboutonna, maladroitement, les boutons du costume. Comme si elle avait oublié toute bienséance, Isabelle enivrée débuta de fiévreuses caresses sur le torse de son amant, recouvert d'une fine et longue chemise blanche, ainsi que le voulait la mode actuelle.

C'est dire si mademoiselle Tremblay n'a pas perdu l'esprit.

Et enfin, comble d'audace, elle commença à tirer, doucement, à reculons, François de Vendôme en direction du lit à baldaquin de la pièce…

Oh-oh.

Is… QU’EST-CE que tu fais ?

Et tes beaux discours sur le fait que tu n’étais pas prête, et tout et tout ?

Oh ? EH ? TU M’ECOUTES ?

Apparemment, elle n’écoutait pas. Elle n’écoutait plus. Elle n’écoutait que son cœur, qui battait affolé, et ses sens… Bientôt, ils atteignirent le lit. D’elle-même, la jeune femme s’assit, puis se coucha sur le dos, entraînant François avec elle.

Et ce baiser, qu’elle avait commencé, ne cessait de devenir chaque fois plus intense. Elle voulait… tout simplement… être avec lui… pour toujours.


Là-bas,
Loin de nos villes, de nos villages
J'oublierai ta voix, ton visage
J'ai beau te serrer dans mes bras
Tu m'échappes déjà là-bas...

_________________



Si tu penses m'oublier,
oublie ce que tu penses.


. . . . . . . . . . . .
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MessageSujet: Re: Isabelle s'en mêle (ou Comment persuader un duc) [ PV F. ]   Sam 5 Avr - 21:01

[hj : voilà le vraiment tout début de ma réponse ! Je t'avais prévenu, ce n'est pas long... Mais bon, c'est mieux que rien hein ?! ^^ Bisous ! ]

François n'avait pas été plus loin que le sens premier de 'femme', et Isabelle n'était pas satisfaite. Autant poser les questions franchement franchement la prochaine fois ! Comme ça, pas d'ambiguités à l'horizon.

Remarquez, le fait qu'un preux chevalier perde la vie pour sauver la vôtre est quand même gage de sentiments sincères et profonds non ? Apparemment pas pour la brunette qui trouva le moyen de permettre à Beaufort une remise en question. Quevoulait-elle donc entendre ? Ah, nous y voilà... Qu'il vive pour elle. Mais ça, il le faisait déjà ! Chacun de leur éloignement était plus dur et pourtant, ils arrivaient à survivre. Si ce n'est pas l'amour alors, qu'est-ce qui leur permet de vivre loin l'un de l'autre ?

Non, Isabelle, faites un effort. Le grand garçon n'est pas forcément très habile en paroles quand il s'agit de vous avouer ses sentiments et autres détails ! Le Duc prit la réponse d'Isabelle comme un reproche. Comme si mourir ne suffisait pas.


" Je vis déjà pour vous mon amour ! Chaque jour est beau parce que je sais que je vous ai, vous et votre coeur ! Je ne souhaite pas rejoindre les cieux si vite, car vous me manqueriez trop ! Le soleil ne serait plus capable de briller pour moi si nous étions définitivement séparés ! "

Euh, n'en fait pas trop non plus... Ton âme serait tout de même heureuse de voir ton amoureuse en vie hein. Faut pas abuser ! ^^

De toute façon, François ne comptait pas mourir au frond. Il se sentait invincible en fait, bien que conscient des dangers de la guerre. Mais il était jeune, robuste, et n'était pas novice en la matière. Il ne voyait pas comment il pourrait s'effondrer face à l'ennemi. Son mental était fort, ses bras puissants. Il ne risquait rien !

Il aurait pu passer la nuit à lui dire je t'aime, la nuit à la rassurer sur son "immortalité" de jeune adulte. Mais cela ne se passerait pas comme ça. La vérité avait éclaté devant les jeunes amants et l'un comme l'autre se sentait peut-être mal à l'aise.


Le geste de Beaufort avait été instinctif. La serrer contre lui était comme se ressourcer, reprendre les forces qui l'aideraient à quitter Paris et ses environs pour rejoindre le front tant redouté par Isabelle. Il pouvait comprendre ses craintes mais... Non, en fait, il ne comprenait pas trop parce que lui-même était quasiment inconscient.

Oh, lui aussi l'avait aimé depuis le premier jour. Le premier regard échangé l'avait mit sur la voie d'un éventuel attachement. Il avait été inévitable. Et c'était un évènement marquant de sa vie. Le meilleur peut-être ? Non : ils se marieraient bien un jour ! Là ce serait le meilleur moment de leur vie non ?

Euh... François ? Oui, toi. Tu rêves là ! Tu pars au front, après tu penseras à lui demander sa main, ok ?

Je vous jure... Les hommes, de nos jours...

Bref, que la brunette n'ait crainte : il ne l'oublierait pas demain ! Ce n'est pas parce qu'il partait combattre qu'elle fuierait de ses pensées. Au contraire, penser à elle lui donnerait envie d'abattre les ennemis le plus vite possible pour rentrer tôt.

Il pensait connaître ses sentiments, et le fait qu'elle les lui répète n'aurait pas suffit à le retenir. Si elle ne pouvait pas, rien ni personne n'aurait pu. Ce n'était évidemment pas pour lui faire du mal ; c'est juste qu'il ne pouvait pas faire autrement.

Et, je vous vois venir : ne faites pas le coup du " Quand on veut, on peut. "

On a beau le vouloir, on ne peut pas tout le temps faire comme on veut.


Il n'avait pas l'intention de partir. Il voulait passer la nuit ici, avec elle.

Elle... Elle était si précieuse à ses yeux ! Son coeur et son corps n'avait plus besoin que d'elle. Isabelle était la seule amante pour qui il ressentait quelque chose.

Et ce quelque chose n'était pas n'importe quoi. C'était fort, plus fort que ce qu'il n'aurait jamais pu imaginer.

Une certaine dépendance s'était installée. Et même si le sentiment d'être prisonnier de quelqu'un ne lui avait jamais beaucoup plus, la situation était bien différente.

La tension de sa voix résonnait dans la pièce. Comment lui dire ? Que lui répondre ?

Pourquoi compliquait-elle les choses ? Car là, il fallait avouer qu'elle n'arrangeait pas le départ qui se montrait déjà désagréable pour eux deux.


" Isabelle, je ne peux fuir devant la guerre. Mon devoir d'homme est de partir au combat au côté du Roi. Je dois alors abandonner pendant quelque temps mon devoir d'amant qui est d'être auprès de vous. Ne pensez pas que cela me plaît de rejoindre le front. Mais nous gagnerons cette guerre, et je reviendrais, vivant plus que jamais. Je survivrais aux combats. "

Beaufort savait que son heure n'était pas venue. Son soldat de père et sa tendre mère veillaient tous deux sur lui : il ne pouvait rien lui arriver. Puis il maniait l'épée mieux que quiconque. Le corps à corps n'avait plus aucun secret pour lui.

Sûr de lui ? Nous en avons déjà parlé je crois. Mais il faut bien quelques défauts : l'homme parfait n'existe pas !


Là-bas
Faut du cœur et faut du courage
Mais tout est possible à mon âge
Si tu as la force et la foi
La victoire est à portée de tes doigts


L'argument était effectivement des plus délicats. Bien que confiant, le jeune Duc savait que les combats faisaient des ravages niveau vies humaines. Il avait perdu son père là-bas. La nouvelle fut douloureuse mais... Mais la vie était ainsi faite !

Sa mère avait succombé à la maladie en quelques heures seulement, alors qu'elle possédait une santé de fer !

La vie était injuste, mais c'était une vérité que personne ne pouvait changer ou contredire.


" Je reviendrais Isabelle. Je vous le promets. Et vous n'aurez pas le temps de vous inquiéter : nous battrons si vite les Espagnols que vous serez étonnée de m'avoir si rapidement dans vos bras. "

Un léger sourire, juste pour redonner du courage à la brunette s'imissa sur ses lèvres.

Leurs regards contrastés se croisèrent. L'analyse fut rapide et malheureusement négative. Il ne renoncerait pas à partir, elle ne se résoudrait pas au départ...

Ca risquait d'être compliqué !

Une larme coula sur la joue rosée de son amante. François n'eut pas le temps de l'essuyer, elle arrivait déjà à ses lèvres. Lèvres auxquelles il avait souvent songé d'ailleurs. Elles étaient si douces ; les baisers si délicats.

Ouh là. Sans même voir venir le moment, le beau brun se retrouva dans une série de baisers passionnés. Doux et emplis de tendresse au début, l'étreinte et les échanges devinrent vite plus fougueux et 'désireux'.

Beaufort avait oublié les soucis qui les avaient amené jusque là.

Il n'y avait plus qu'eux sur terre à cet instant précis.

Il était fou amoureux d'elle et le faisait parfaitement ressentir dans ses baisers.

Il entendit ses mots. Besoin de temps pour le laisser partir ? Lui aussi avait besoin de temps. Du temps pour lui dire tout qu'il ne lui avait pas encore dit. Et qu'il aurait aimé partager avant de partir.

Mais l'instant n'était pas attribué aux mots.

L'amour était beaucoup plus expressif sous cette forme, et beaucoup plus agréable, non ?

Ses mains étaient moins balladeuses que celles de sa belle. Car inconsciemment, il gardait un minimum de correction dans ses gestes. Non pas qu'il prenne ceux d'Isabelle pour de l'incorrection hein ! Ce n'était pas le cas !

Ca ne le gênait pas, au contraire.

Elle parlait de désir tantôt non ? Eh bien là, on peut dire qu'il était présent...

Ses sens avertis faisaient attention aux moindres gestes.

Il n'avait pas d'abord sentit venir le danger. Même lorsqu'elle lui retira la veste turquoise. Les fines mains qu'il sentait sur son torse auraient pourtant dû le prévenir. Son coeur d'ailleurs, semblait le seul conscient du danger.

Il s'était emballé sans plus de précautions.

Mais lorsqu'elle l'attira sur le lit et qu'il se retrouva sur elle, ses mains de part et d'autre de son visage, François comprit. C'était dur, dur de faire face à cette tentation.

Ils étaient seuls, abandonnés à leur désir réciproque de l'autre.

Il avait envie d'elle, de son être, de tout ce qui la faisait. La situation jouait en la faveur de cette envie.

Leurs corps étaient plus proches que jamais, et tout leur être avait besoin de sentir ce contact. La fougue et la passion des baisers du jeune homme
était entièrement représentatif de son état d'esprit à ce moment précis.

Dangereuse situation qui s'avérait difficile à contourner !

Mais il fallait... Elle lui en voudrait certainement beaucoup mais...

Après un nouveau baiser passionné qu'il n'avait pas hésité à approfondir, Beaufort se retira de l'étreinte de la belle.

Seule sa conscience voulait cela.

Seule sa droiture l'incitait à se retirer de la position d'angereuse qu'ils avaient adoptés.

Ses sens et ses organes tactiles avaient beaucoup de mal à s'éloigner des vêtements de princesse, beaucoup de mal à abandonner sa peau de jeune femme.

Mais Beaufort était fort. (dsl pour la rime ^^) Son mental d'acier eut bientôt raison de son désir et de sa passion masculine.

Il devrait s'expliquer. Expliquer son geste.

Il en avait envie, bien sûr !

Mais il n'avait pas le droit de lui faire ça. Ce n'était pas une situation propice à ce moment si particulier de la vie d'une jeune femme.


" Excuse-moi mais je ne peux pas. Pas comme ça, pas maintenant... "

Il s'attendait à subir la colère, la déception aussi... Mais il la respectait trop pour lui prendre ainsi cette particularité à laquelle les familles de l'époque étaient attachées.

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Isabelle Tremblay
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MessageSujet: Re: Isabelle s'en mêle (ou Comment persuader un duc) [ PV F. ]   Mar 22 Avr - 23:58

Cela m’ennuyait vraiment, à vrai dire, qu’il ne comprenne pas le sens de mes mots. Pourtant, j’en savais bien l’ambigüité. Même moi j’avais du mal à me comprendre. Comme une femme, comme une femme… en gros, je voulais savoir s’il m’aimait comme quelqu’un avec qui il aurait pu passer le reste de sa vie, ou… comme quelqu’un avec qui il n’en passerait qu’une partie. Et en même temps, je voulais savoir s’il était attiré par moi, ou s’il ne disait m’aimer que parce que mon caractère lui plaisait.

Dans ce dernier cas, je n’aurais plus grand-chose à espérer. C’est certes bien qu’il m’apprécie pour ce que je suis ; mais… un homme qui ne désire pas une femme… je crois qu’il ne tient pas longtemps.

Je me mordis la lèvre inférieure. Oui, c’est vrai, j’essayais toujours de ne pas y penser. A comme il ne m’avait jamais témoigné aucune attirance, à comme je n’avais jamais capté aucun regard différent sur moi. Différent, pour ne pas dire osé. Peut-être… peut-être que j’étais tout simplement plus qu’aveugle. Ou peut-être étais-je trop prétentieuse à espérer qu’un homme comme lui s’intéresse plus que cela à une femme comme moi.

Ou à une fille comme moi.

Je ne savais pas. C’étaient mes yeux et mon sourire qui avaient attiré son attention, chez moi. Jamais il n’avait rien dit, véritablement, à propos du reste. De mon corps, je veux dire.

Ai-je rêvé, tout à l’heure, lorsque j’ai cru voir son regard se poser sur moi ?

Je ne crois pas être la mieux placée pour identifier les étincelles du désir. Non, je n’y suis pas douée. Je voudrais l’être, ce serait plutôt pratique. Mais je dois me contenter de supposer.

Cela fait tout de même trois ans que l’on est ensemble. Trois ans. Je ne m’étais pas posée la question jusque là, en fait. J’avais oublié. Et maintenant que l’on en avait parlé avec Marie, je ne pensais plus qu’à cela. Son royal amant la désirait, elle. Pourquoi est-ce que François ne me désirerait pas, moi ?

Je dus retenir un triste sourire lorsque plusieurs réponses m’effleurèrent l’esprit. Ces réponses me semblaient si judicieuses l’une comme l’autre que quelques secondes me furent tout de même nécessaires avant que je me reprenne.

Si je me laissais démonter, ce serait perdu d’avance. Je ne pouvais pas me permettre de perdre… je ne voulais pas.

Encore une fois, pensais-je en souriant légèrement, malgré mon air sérieux, j’avais bien du mal à poser mes questions, ce soir… et François à les interpréter. Est-ce que…

Est-ce que ce manque de communication, c’était un présage ?

Je savais, bien sûr, qu’il répondrait la mort. « Je suis prêt à mourir pour vous »… n’est-ce pas ce que dit tout amant ? Il n’avait pas l’air de mentir, bien sûr que non, et je savais qu’il était franc. Mais j’en voulais plus, bien plus. Je ne voulais pas qu’il meure. Jamais. C’est pour cela que je lui demandais de vivre. Pour moi, en ma demande…

Je soupirai. Il prenait ma requête comme une offense. Je ne voulais rien lui reprocher, je ne voulais pas l’offenser. Simplement, je voulais savoir s’il était capable de renoncer à la mort pour moi.

S’il était capable de renoncer à la guerre pour rester auprès de moi.

Et je crois que la réponse est non.

Ironie, parce qu’il disait ne pas souhaiter mourir de sitôt. N’est-ce pas ce que tu vas faire, en te jetant ainsi à la gueule du loup, François ?


"Allons," murmurai-je, apaisante. "Ce n’était pas un reproche, amour. Ce n’était qu’une question. Je ne veux pas vous voir tué, c’est tout. Je… ne supporterais pas."

Je frissonnai à ce mot. « Tué ». Mon François, à moi, tué ! Des visions que j’avais déjà projetées dans mon esprit se reformèrent. Sur un champ de bataille, François, étendu, inerte… les yeux vides, les vêtements en sang. Et la bouche, légèrement entrouverte, semblant m’appeler… « Isabelle… »

Croyez-moi, je savais ce que c’était. Ces visions m’étaient d’autant plus réalistes que j’en avais déjà fait l’expérience. Ou croyez-vous que l’on oublie une cannonade, des milliers de corps, des gémissements de souffrance et des amis en peine si facilement que cela ?

Un pincement de cœur horrible me tortura lorsque je revis, devant mes yeux, Baptiste, étendu sur le sol. Le choc n’était pas passé. Toujours pas, depuis trois ans. Je n’avais jamais pu accepter.

Et François, aujourd’hui, me demandait de me résigner à revivre cela. A qui croyait-il avoir affaire ? Je n’ai jamais été forte, jamais. Je suis faible, même si je le regrette, même si je ne voulais pas le lui montrer.

S’il savait à quel point je suis faible… Il ne m’aimerait peut-être pas.

De toute manière, je le lui avais dit. Peut-être que c’était une imprudence, de le lui dire. Mais c’était fait. Et j’eus vite fait de comprendre qu’il n’allait pas céder non plus si facilement.

Après tout, je savais, en venant ici, que mon duc est aussi têtu que moi. Bien sûr que je le savais. Parce que c’est aussi pour cela que je l’aime.

J’aurais pu passer toute une éternité, dans ses bras. Vous savez, lorsqu’on a l’impression que le monde s’est arrêté ? Ou alors, que peu importe ce qu’il arrivera, cela ne vous atteindra pas ? C’est ce que je ressens, chaque fois qu’il me prend dans ses bras.

Il sent si bon... Il sent l’homme. J’ai toujours aimé cette odeur. C’est comme une marque de sa présence masculine auprès de moi. Forcément, cela me rassure. Je vous le dis, je n’ai jamais été forte ; mais lui, je sais qu’il l’est. J’ai toujours cette impression d’être à l’abri, auprès de lui.

Pourtant, il ne le savait pas, lui. Je veux dire, en me prenant dans ses bras, il ignorait sûrement tout ce qu’il me faisait ressentir. Et moi, je ne pouvais pas lui expliquer tout cela. Je ne pouvais tout simplement pas. Je ne pouvais que me serrer plus contre lui, profitant du bien-être unique qu’il me procurait. Oh, parfois, je me demandais encore… pourquoi fallait-il que ce soit lui ?

Et pourquoi fallait-il, précisément, qu’il parte, lui ?

Je ne voulais pas, moi. Je n’ai jamais voulu qu’il s’en aille.

Et lui, à me répéter qu’il irait quand même. Il n’est pas têtu, mon duc, il est borné. Je dois dire que j’avais mal, en l’entendant promettre et promettre encore qu’il reviendrait. Je me répétais sans cesse, dans ma tête, qu’il allait mourir.

Et que si je ne le retenais pas, ce serait ma faute.

Je m’impatientais. Ou plutôt, je commençais à perdre mes moyens. Est-ce qu'il ne pouvait pas comprendre que je m'inquiétais pour lui ? Que je m'inquiétais parce que j'en étais folle, et que sa mort me tuerait à petit feu ? Qu'il brisait tout, que s'il partait, c'était notre histoire qui se détruisait ?

Il n'y avait pas songé ! Pas une seule seconde ! Il l'aimait plus, son devoir, qu'il ne m'aimait moi. J'étais blessée, pour de vrai. Oui, c'était égoïste de ma part, et je le savais ; mais je commençai à jalouser ce satané devoir, et à souhaiter que son attention s'en détache entièrement.

Je voulais qu'il soit d'abord dévoué à moi qu'à son devoir. Et de constater que les choses n'étaient pas comme je le voulais, je perdis presque le contrôle. En secouant frénétiquement la tête, j'étouffai presque, pour pouvoir parler :


"Vous... vous ne... vous ne devriez jamais faire des promesses que vous n'êtes pas sûr de pouvoir tenir. Jamais !"

Désespérée, je constatai moi-même que je n'y arriverais plus. Ne me demandez pas comment, j'ai su, c'est tout. Je savais que je ne pourrais pas aller jusqu'au bout. Il allait mourir, et moi, je n'étais pas capable de le retenir. La douleur me suffoqua. D'où ma larme, et, pour ne plus penser à rien, parce que j'avais déjà craqué depuis longtemps, le baiser.

Seigneur, ce baiser m'était vital. Si je ne l'avais pas embrassé, je sais que j'aurais explosé. Littéralement. Je me retenais depuis le début de la soirée, parce que je me devais de le convaincre. Mais c'était perdu. Je n'avais pas eu d'autre choix que d'abandonner. J'avais perdu !

Moi, Isabelle... j'ai perdu celui que j'aime.

C'est ce que j'ai pensé sur le moment. Et il était là, devant moi. Je l'avais perdu, mais il était là. Seulement, plus pour longtemps. Après, il partirait, et il ne serait plus. Il n'existerait plus. Et mon existence à moi ne rimerait plus à rien.

Est-ce qu'une vie vaut la peine d'être vécue lorsqu'on n'a plus de quoi vivre ?

Ma vie, elle était entre ses mains. Tant qu'il serait là, je me sentirais vivre. Lorsqu'il partirait, je serais comme morte.

Et puisqu'il me restait si peu de temps à vivre, je ne désirais plus qu'une chose.

Je voulais vivre toute une vie dans ce temps si court.

Toute une vie avec lui... Après, je pourrais mourir.

Pareille foule d'émotions m'impressionnait le cœur, tandis que nous redoublions d'ardeur. Je parle de sentiments, car je n'arrivais plus à penser correctement. Et tant mieux, c'était le but.

Je ne sais pas. Les lèvres de François semblaient avoir été faites pour que j'oublie tout, pour que je puisse envoyer les soucis se promener et que je me sente heureuse. Que cet instant dure toujours, c'était tout ce que je pouvais demander.


Dernière édition par Isabelle Tremblay le Mar 22 Avr - 23:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Isabelle s'en mêle (ou Comment persuader un duc) [ PV F. ]   Mar 22 Avr - 23:58

Ce fut très étrange. Un moment, je me trouvais devant lui, à l'étreindre de tout mon âme, comme si je voulais me fondre à lui. Et je me perdais dans ses bras, je me perdais sur ses lèvres.

L'instant d'après, sans savoir comment j'avais bien pu atterrir là, je me retrouvai sur le dos, contre quelque chose de doux. Le lit. Et surtout, surtout, mon amant était sur moi. Couché.

Et il avait mis fin au seul échange qui compterait encore dans ma courte vie condamnée par ses caprices.

Pendant quelques secondes, je fixai ses yeux. Ses beaux yeux qui me faisaient chavirer. J'y vis quelque chose de particulier. Une flamme que je n'avais jamais vue auparavant. J'étais sûre que c'était différent. Cette flamme, va savoir pourquoi, me fit rougir. Serait-ce... ?

Oui, un moment, j'y ai pensé. Mais la suite des évènements me prouverait le contraire.

J'ai cru, l'instant d'un rêve, peut-être, qu'il allait continuer. Pour moi, rien au monde ne pouvait interrompre ce moment. Nous étions tous les deux, prêts, en quelque sorte, à faire une chose qui vaudrait à ma vie la peine d'être vécue. Quelque chose qui m'effrayait, mais qu'il me fallait à tout prix.

Que ce soit par orgueil ou par crainte, il le fallait. Et puis, peut-être, qui sait, qu'il y avait encore un espoir. Peut-être que si je m'offrais à lui, il se sentirait obligé de rester avec moi.

J'ai été rapidement détrompée. Son regard se détourna de moi, et, inconsciemment, je ressentais déjà de la douleur, avant même de comprendre ce qui se passait.

Je sentis son poids se soustraire au mien. Son corps, sa chaleur... partis ! J'eus froid. Très froid. Et l'envie irrésistible de fondre en larmes.

Il avait décidé de me laisser seule.

Il ne voulait pas de moi.

J'avais entendu ses paroles. Je les avais entendues. Très clairement, même. Mais je ne voulais pas croire à ce que j'avais entendu. J'ai souhaité avoir mal entendu, ou même avoir entendu une voix. Pas la sienne. N'importe qui, mais pas lui.

Hélas, François de Vendôme était bien celui qui me rejetait.

Je restai étendue sur le lit pendant quelques minutes de silence, sans oser bouger. Ou plutôt, sans vouloir bouger. J'étais incrédule. J'avais cru... mon Dieu, comment avais-je pu croire qu'il me désirerait ?

Les plus profondes horreurs que j'aie jamais pensé de moi me soufflaient dans les oreilles. Sans retenue, je commençai à sangloter, au point où des soubresauts me soulevaient parfois du lit.

Il ne voulait pas de moi.

Il n'avait jamais voulu, ne voulait pas, et ne voudrait jamais de moi.

Maintenant, c'était bien clair. Je me rendais compte que, durant notre baiser passionné, il avait refusé de m'adresser ne serait-ce qu'une caresse... au contraire de moi. J'aurais dû... C'est moi, qui aurais dû cesser ce baiser.

Brisée. J'avais l'impression... l'impression horrible que je n'avais plus rien à espérer de cette vie. Peut-être que j'exagérais un peu, mais je n'arrivais pas à être plus lucide. Il venait de détruire brutalement les derniers instants, les derniers espoirs, et moi je n'arrivais déjà plus à supporter.

Il n'avait pas le droit... d'être aussi cruel.

Je me redressai, sans cesser de sangloter. J'étais en colère, très en colère. Il ne pouvait pas détruire ma vie et s'en aller comme cela. Il n'avait pas le droit. M'étais-je leurrée à ce point ? Pourquoi le beau chevalier servant se permettait-il de me faire du mal ?

Se moquait-il de moi ?

Très brusquement, je tournai la tête afin de le fixer. Je lui ai fait peur, je crois. Peut-être à cause de mes yeux rouges, qui devaient être horribles à voir. Mais je suis sûre qu'il avait compris que ma colère n'était pas normale.

Elle était pire que tout ce que j'avais jamais pu ressentir.

Et lorsque je parlai, ma voix tremblait.


"Vous ne me désirez pas... n'est-ce pas, François ? N'est-ce pas ce que vous voulez me dire ?"


Aucune envie qu'il me réponde. Je ne voulais pas entendre de sa bouche, goguenarde, que mon corps n'avait rien qui puisse l'attirer. Je ne sais pas ce que je serais capable de faire s'il me disait pareille chose.

Je serrais mon poing très fort, si fort que mes ongles, si bien limés et soignés rien que pour cette occasion, déchirèrent la peau de ma paume. Au lieu de m'alarmer, la douleur me fit du bien. Du bien ! Je devenais folle, sans doute. Mais cette douleur m'empêcha de hurler de frustration.

Hors de moi, la main gauche en sang, je croisai les bras et portai mes doigts jusqu'à mes épaules. De là, je baissai une manche, puis l'autre, très brusquement, me blessant, tout en risquant de déchirer la robe que m'avait prêtée Marie. A présent, j'avais les épaules dénudées, et mon décolleté était encore moins couvert de tissu.

Dans un rire sinistre, dépourvu de joie, qui fit tressaillir ma gorge, j'expliquai à mon amant :


"Cette robe... oh, dire que c'était pour vous ! N'est-ce pas stupide ? Je me suis habillée pour un homme qui ne veut pas de moi."

Il pouvait penser ce qu'il penserait. Ça n'avait plus d'importance. Il avait décidé de mourir, soit. Je ne l'en empêcherais pas. Il avait choisi, et ce ne serait certes pas moi qui m'opposerais à ce choix.

Qu'il meure, si cela lui chantait. Pourquoi est-ce que je devrais me préoccuper d'un homme qui veut mourir et qui ne voudra jamais de moi comme une femme ?

Ce n'était pas une femme, qu'il voyait en moi !


"Vous voyez ? C'était bien de cela que je parlais. Vous ne m'aimez pas comme une femme. Je ne suis pas une femme à vos yeux. Qui suis-je, à vos yeux, hein ? Une fille ? Une petite fille, immature, très amusante, sans doute. Ou juste une domestique. Et JAMAIS votre maîtresse !"

J'avais ces vides sur le cœur. Le sentiment d'être très peu, ou alors pas assez pour lui. Je voulais qu'il m'aime au point de renoncer à tout, au point d'en avoir mal, mais je voulais aussi qu'il m'aime assez pour avoir envie de moi. J'oubliais déjà que j'étais effrayée par cette idée quelques minutes auparavant. Pas une seule traître seconde je n'ai seulement songé que le motif de son rejet pouvait être tout autre.

Pas une seule seconde je n'ai songé qu'il voulait me protéger. Qu'il ne voulait pas profiter de moi à un moment où j'étais si faible.

Et faible, je l'étais. Jamais je n'avais été plus vulnérable. Voilà pourquoi j'étais si en colère, et que je la crachais entièrement sur lui. J'avais l'impression d'être forte, alors qu'en réalité, c'étaient juste les limites de ma fragilité qui avaient été atteintes.


"C'est tout ou rien. Je ne sais pas comment j'ai pu tomber dans ce piège et y demeurer durant trois ans, mais c'est fini. Vous avez vingt ans aujourd'hui. Si je ne puis vous attirer, c'est qu'il y a un sérieux problème. Alors je crois... que nous ne devrions plus nous voir."

Je ne voulais pas... mes propres mots, comme des poignards acérés, me perçaient le coeur, me tuaient lentement. Mais c'était ça. Je l'aimais, j'avais envie de crier, de me jeter dans ses bras. Si je l'avais fait, pourtant... il m'aurait repoussée. Et cette pensée m'achevait.

Si je pouvais le garder par le coeur, je ne pouvais pas l'envoûter par mon physique. Je ne cessais de me répéter qu'il y avait forcément quelque chose qui n'allait pas, chez moi. Mon décolleté... ma taille... n'étaient-ils pas au goût d'un homme ?

Ils n'étaient pas au goût de François. Malheureusement, c'était précisément le seul homme qui comptait.

Je me détestais. Je le détestais, aussi. Je ne pouvais pas supporter de penser qu'il ne m'aimait que platoniquement. Cela me blessait.

Peut-être, après tout, n'était-ce que de l'orgueil.

Mais je n'arrivais pas à croire qu'un homme comme lui puisse éprouver pour une femme quelque chose de si innocent qu'un amour platonique. Cela me semblait insensé. La fougue qu'il y avait dans nos étreintes voulait bien dire quelque chose. Sauf que je voulais plus que ça !

Non, plutôt... je voulais qu'IL veuille plus que ça.

Il ne voulait pas. Bien.

Il ne me restait plus qu'à abandonner. Il n'était capable ni de m'écouter, ni de me vouloir ; il n'était donc pas conquis.

En temps normal, je n'aurais jamais baissé les bras... je crois. "Abandonner" n'existe pas dans mon vocabulaire.

Mais j'étais excédée, et tellement blessée dans mon orgueil ! Il me faisait souffrir plus que je ne pouvais supporter. Non. Je ne pouvais plus lutter. Pas cette fois.

Il était l'homme de ma vie, mais je ne pouvais pas lutter pour lui... parce qu'il ne serait jamais à moi.

C'étaient les constats douloureux que j'avais pu faire. Je me remis à sangloter, et de plus belle. Mes larmes coulaient sans tarir, et je ne fis rien pour les en empêcher. J'avais déjà tout gâché.

Rapidement, je me dirigeai vers la porte, refusant d'écouter ce qu'il aurait à me dire. C'était déjà assez difficile comme cela, mais il fallait bien que quelqu'un cesse cette mascarade. Et je préférais encore que ce soit moi. Même si cela n'avait pas eu à voir avec de l'orgueil, j'aurais préféré ne pas l'entendre en finir.

Pour me laisser des illusions... qui sait. Je préférerais lui trancher des vérités incertaines plutôt que de l'entendre me dire que tout ce que je ne voulais pas entendre était vrai.

Un dernier regard vers lui. Ma sortie serait digne. Pourtant, je me maudissais en moi-même. C'était la dernière fois que je le voyais, et au lieu d'en profiter jusqu'au dernier instant, je m'éclipsais dignement ! Au diable, ces idioties...


"Non... tout est fini entre nous, François. Même si vous reveniez vivant... Je... Adieu."


Tout, tout,
Tout est fini entre nous, tout
J'ai plus la force du tout, tout
D'y croire et d'espérer...

Et je me faufilai hors de la chambre, n'arrivant pas même à croire que j'avais dit cela. Mon cœur me hurlait de laisser tomber ces belles paroles et de retourner me presser contre ses lèvres. Ma raison me disait de poursuivre ma route, et que j'avais bien fait. Ma peau réclamait son contact, ses caresses. Et mon âme, secrètement, tandis que je traversais l'antichambre de ces maudits appartements, espérait juste qu'il me rattraperait.

_________________



Si tu penses m'oublier,
oublie ce que tu penses.


. . . . . . . . . . . .


Dernière édition par Isabelle Tremblay le Jeu 24 Avr - 22:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Isabelle s'en mêle (ou Comment persuader un duc) [ PV F. ]   Mer 23 Avr - 22:28

J'étais sûr de pouvoir tenir ma promesse. Je n'avais aucunement l'intention de mourir là-bas ; et de toute manière, ce n'était pas mon heure. Mais elle avait peut-être raison : on ne doit jamais promettre d'être là demain, car Dieu seul sait de quoi notre avenir est fait.

J'étais loin de me douter que mes étreintes possédaient autant de pouvoir. Remarquez que, lorsque nous étions enlacés, je m'évadais également
sur un petit nuage. Et c'était bien les seuls moments de ma vie où je me sentais heureux d'exister.

Avant, ma vie se résumait en une suite de jours tous plus ressemblants les uns que les autres. Elle, cette belle brunette, avait donné un total sens à ma vie !

Mais malheureusement, j'étais trop bête pour lui dire TOUT le fond de mes pensées. Ou trop maladroit, et c'est pourquoi je ne me lançais pas...

J'étais fou amoureux ok ?

Et je la désirais, comme un homme amoureux peut, et doit, désirer une femme.

Juste que, en plus d'être un noble de sexe masculin, j'avais reçu une éducation presque exclusivement féminine ; et donc, je n'étais pas comme les autres ! Sans être prétentieux, bien que je sois très fier de ce que je suis, j'étais quand même l'un des
rares nobles à considérer comme des humains les parisiens. J'étais, je crois, un brin romantique; et, en ce qui concerne les dames, j'étais toujours très respectueux.

Et là, on allait me le reprocher ?!

Isabelle allait me reprocher d'être différent ? D'être trop respectueux d'elle, de sa personne ?

Comment fallait-il que je réagisse ?

J'avais probablement eu tort de ne pas laisser aller mes désirs. J'aurais dû parcourir son corps de mes mains mais... ma bonne conscience et mes bonnes manières, mon respect (car c'était vraiment ça la question !) étaient trop présents.

Cruel ?! Etais-je vraiment aussi cruel que cela ?

Elle sanglotait et se tourna brusquement vers moi. Je ne sursautai pas mais j'avoue que je fus surpris.

Sa colère n'avait jamais eut de semblable je crois... Je savais que j'étais mort, ou façon de parler ! Sa voix tremblait et ce qu'elle me dit n'avait rien à voir avec la vérité !!


" Non ! Je n'ai jamais voulu dire ça ! "

Elle ne me laissa même pas le temps de finir... Elle découvrit davantage ses épaules ; davantage son décoletté.

Quel homme pouvait rester insensible à une telle beauté ?

Pas moi. Même si j'étais respectueux. Je remarqua sa main mais ne put même pas la prendre pour la soigner.

Elle n'était pas ridicule, loin de là. Je savais les efforts qu'elle avait effectué pour moi et j'en étais vraiment touché.


" Ce n'était pas stupide ! Vous êtes ravissante et ce n'est pas que je ne veux pas de vous ! Loin de là ! "

Oh, je mentirais en disant que j'avais, un jour, désiré une femme plus que je ne la désirais elle.

Elle incarnait parfaitement la vision que j'avais de la femme.

Car malgré ce qu'elle pensait et ce qu'elle me balança en pleine figure, je la considérais comme une véritable femme.

Isabelle était belle, avait un caractère bien trempé qui me plaisait énormément, et... J'en étais éperdument amoureux !


" Comment voulez-vous que je vous considère autrement qu'en tant que femme ? "

Mais ce qui m'attendait était bien pire que ce que j'imaginais.

Car quelques instants plus tard, mon amante était en train de... me larguer comme on dirait on XXIe siècle !

Et je n'avais pas pensé que de tels mots pourraient me faire aussi mal.

Oh, je ne pleurais pas et ne pleurerais certainement pas ; mais mon coeur, lui saignait. La douleur était indescriptible et n'était pas physique mais,
tellement douloureuse !

Voilà à quoi nous menait le manque de dialogue et de compréhension.

Pourquoi ne croyait-elle pas à mes mots ?

J'étais pourtant plus que sincère ! Ou alors, elle ne m'aimait plus et c'était une manière de se déculpabiliser, elle ?!

Si la dernière solution était la bonne, alors je m'étais totalement trompé sur son compte... Mais non, je n'y croyais pas.

La remise en question était seulement la meilleure chose que j'avais à faire mais... Je ne savais pas comment, je ne savais par où commencer...

J'étais totalement conquis par la belle mais mon respect avait eut raison de mes intentions masculines, et c'était bien mieux comme ça.

Car il est certain que j'aurais regretté mes actes ; non pas sur la forme, mais sur le fond.

Je l'avais désiré et la désirais encore à cet instant, mais ce n'était pas au moment des adieux, dans un laps de temps si court, que j'avais le droit de lui faire cela.

Et puis, le voulait-elle vraiment ?

Me désirait-elle autant qu'elle le laissait paraître ?

Tandis que toutes ces questions se bousculaient dans ma tête, elle pleurait bel et bien et finit pas se lever pour quitter la pièce.

Mais j'avais encore tellement de choses à lui dire ! J'ouvris machinalement la bouche pour tenter de la retenir mais elle me devança et, ses paroles étaient cinglantes, assassines même.

En signant la fin de notre histoire, elle commandait ma mort.

Même si je revenais elle ne voudrait plus de moi ? A quoi cela servirait que je revienne vivant alors ?!

Mais mon coeur ordonnait à ma conscience de lui courir après ; et les mots n'auraient pas d'importance : il fallait que je l'embrasse, que je la serre contre moi.

Sans plus de réflexion, je me levai et sortit de la pièce en courant.


" Ne pars pas Isabelle, je t'en prie. "

Je réussit à lui attraper doucement la main, malgré ses pas rapides, et l'embrassa.

Tout ce que je n'avais pas dit se transmettait dans la tendresse et le brin de fougue que je mit dans ces baisers.

En l'embrassant, mes mains trouvèrent sa fine taille et bientôt, elle se retrouva dos au mur.

Mes mains remontèrent pour trouver son visage et entre deux baisers, je lui glissait des " Je t'aime " emplis de sincérité.

Quoi qu'elle fasse, je n'abandonnerait pas.

Même si je partais pour le front le lendemain, je reviendrais plus déterminé que jamais pour la reconquérir.

Je ne pouvais plus me passer d'elle, et j'espérait sincèrement qu'elle ne pensait pas ses mots prononcés plus tôt...

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MessageSujet: Re: Isabelle s'en mêle (ou Comment persuader un duc) [ PV F. ]   Lun 26 Mai - 1:01

Les secondes passaient. Je ne savais pas si je devais marcher lentement, pour qu'il ait le temps de me rattraper, ou bien au contraire me presser, afin d'être moins déçue. Toujours est-il que, sans trop faire attention à mon allure, je guettais le moindre bruit, le moindre signe qui m'indiquerait qu'il s'était précipité à ma poursuite.
Rien. Je n'entendais rien.

Alors, au bout d'un certain temps qui me sembla interminable, je me mis presque à courir. Il ne viendrait pas me chercher, me consoler, m'enlacer. Il ne viendrait pas. C'était fini.
Et plus j'y pensais, plus mon visage se mouillait. Quelle importance ? Les larmes perlaient et perlaient, j'en avais perdu le compte, et je n'en avais que faire.
Il n'en avait que faire lui-même.

J'en étais tellement convaincue ! Tellement, que, finalement, je ne faisais plus du tout attention lorsque, répondant à mes prières déçues, une main se glissa doucement à la mienne. Je n'ai pas eu le temps de comprendre ce qui se passait. Je continuai bêtement de tirer pendant un moment, tentant d'échapper à cette main. Et puis, soudain, j'ai réalisé que c'était lui. Il ne m'avait pas laissée tomber.
Il ne s'en moquait pas.

Quasiment incrédule, je tournai mon visage trempé en sa direction. Je ne souriais pas, je n'avais pas vraiment d'expression. Il m'avait prise de court. Malgré moi, je sentis mon coeur s'exciter étrangement en le voyant se rapprocher de moi. Ce me sembla long, trop long. J'étais paralysée, attendant juste la sentence finale.
Ses mains sur ma taille.
Ses lèvres contre les miennes.

Je le retrouvais entièrement, évidemment. Je veux dire, François a une manière particulière d'embrasser. Toujours tendre, délicat, mais d'une fougue presque impatiente. Voilà pourquoi nos baisers sont tout, sauf chastes. Trop impatients, tous les deux. En tout cas, moi, je le suis.
Comme d'habitude, je veux tout et tout de suite. Ce qui est assez contradictoire, lorsqu'on voit ce que mon foutu orgueil est capable de me faire faire.

J'eus à peine conscience de reculer d'un, deux, trois... plusieurs pas. Juste mon dos qui se choquait doucement contre le mur froid de l'antichambre. Antichambre qui était, d'ailleurs, encore plongée dans la pénombre, contrairement à la chambre que j'avais illuminée. Franchement, je ne trouvais pas cela dérangeant. Point du tout. Si mon duc était propice à des douceurs dans la pénombre, à vrai dire, je ne pouvais pas y voir de réel inconvénient.
A part, peut-être, le fait que l'on vient de rompre... que JE viens de rompre, et que mon visage est entièrement inondé, ce qui donne un goût assez salé à ce non-chaste baiser.

Je ne l'enlaçais pas. En fait, j'étais encore un peu trop surprise pour correspondre tout à fait. Mes mains, dont je n'avais pas vraiment idée de quoi en faire, s'appuyèrent sur le mur. Consciemment, je tentais tout de même de garder mon corps au plus éloigné du sien. C'était tout ce à quoi je pouvais penser. Le reste de mon être ne faisait que profiter du baiser, afin de se consoler.
Je ne sais pas. Maintenant qu'il m'avait refusée, moi, alors que je m'étais fébrilement offerte tout entière, j'avais comme un ressentiment. Jamais plus. Il n'avait pas voulu de moi, eh bien, il ne m'aurait pas avant longtemps. Jamais plus je ne m'humilierais de la sorte. Jamais plus je ne lui proposerais pareille chose. Le jour où il se déciderait enfin, il n'aurait qu'à venir chercher, et courir après, jusqu'à ce qu'il mérite.

Cela ne voulait pas dire pour autant que je pourrais supporter une rupture. Quelque part, ma raison me disait que c'était le mieux, que ce serait plus facile de le laisser partir et de le punir si nous n'étions plus un couple ; mais pourquoi me faire autant de mal ? Je pourrais tout autant argumenter qu'il y avait déjà son départ, et qu'il valait mieux ne pas empirer les choses avec une rupture.
Alors ? Qui a raison ?
De toute manière, ce n'est pas comme si j'avais pu suivre ce premier instinct. Pas lorsqu'il m'embrassait comme cela. Je n'en avais même pas l'envie.

Et je l'avais encore moins, pourrais-je dire, en l'entendant me glisser, doucement, ces trois mots qui me coûtaient tant à lui dire. Je frissonnais. C'est qu'il avait une manière de le dire qui me donnait toujours la chair de poule. Peut-être parce qu'il ne faisait que sussurer. Peut-être parce que ses lèvres étaient trop près de mon visage. Peut-être parce que, la seconde suivante, il reprenait les miennes d'assaut.
Peut-être parce que je mourrais d'envie de lui sussurer en retour que moi aussi.

Bien que ma notion de temps se soit un peu égarée, je présumais que quelques minutes seulement s'étaient écoulées, lorsque je me convainquis que je devais parler. Dire quelque chose, n'importe quoi. Si je ne disais rien... et après ? L'on s'embrasse, l'on se sussure des mots doux, mais l'affaire de la rupture (insensée, une bêtise totalement absurde de ma part) n'est toujours pas réglée. Imaginez un peu... s'il partait sans qu'on en ait parlé. Eh bien, dans un temps indéterminé, avec un peu de chance (je prierais tous les jours pour cela), il reviendrait sain et sauf. Et là, quelle serait notre situation ? Couple ou ex-couple ? Rien n'ayant été dit ou rectifié, l'affaire serait quelque peu inconfortable.
Je ne veux pas que quoi que ce soit soit inconfortable avec mon duc.
Doucement, je mis fin à ce baiser, détournant le visage, rompant ainsi notre doux contact. Si mes yeux s'ouvrirent, ce fut pour fixer mes propres pieds. Je n'étais pas sûre de pouvoir affronter ses yeux à lui.


"Je... Je t'aime aussi... Ecoute... c'était idiot. Pardon. J'ai... j'ai péché par orgueil, je crois."


Ma voix me sembla faible, brisée. Fatiguée. Sans doute à cause de mes pleurs. Et puis... j'étais fatiguée de me comporter aussi sottement. Je veux dire, à essayer de changer François. C'était peine perdue, et, à vrai dire, je n'étais personne pour décider de ce qu'il allait faire de sa vie ou pas. Des risques qu'il allait prendre ou pas. Il était censé être assez grand pour savoir ce qu'il allait en faire.
Même si le savoir loin de moi et en danger me déchirait le coeur.


"C'est juste que... je pensais... oh, je pensais être une raison suffisante pour vous retenir..."

Sauf que mes arguments ne marchaient pas, pensais-je avec une certaine amertume. Aucun d'entre eux. Du plus raisonnable au plus fou. Ou au plus physique. Rien.
Et rien qu'à ce constat, je me sentais misérable.
J'osai à peine lever les yeux. Yeux qui, d'ailleurs, se trouvaient humides, tout à fait prêts à recommencer avec leur manie de déverser des flots et des flots d'eau salée. Oui, j'étais fatiguée. Si fatiguée... j'aurais juste voulu m'endormir dans ses bras.
Timidement, je l'enlaçai enfin, fort, très fort. Je reposai ma tête sur son torse, et fermai les yeux, bercée par le rythme de sa respiration. Je restai juste quelques instants comme cela. C'était confortable. Rassurant. Reposant. Apaisant.
Comme toujours.

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MessageSujet: Re: Isabelle s'en mêle (ou Comment persuader un duc) [ PV F. ]   Jeu 26 Juin - 12:43

Comme pour essayer de me faire pardonner, inconsciemment, je mettais tout mon coeur et mon être dans ces baisers. J'étais fou d'elle, de son âme, et elle ne voulait plus de moi. Je ne pouvais me résigner à la laisser partir maintenant.

Je quittais Versailles demain et je ne voulais pas la laisser comme cela. On ne pouvait pas se quitter en étant séparés !

Je me demandais alors si je n'étais pas un peu trop égoïste. C'est vrai quoi ; si elle ne m'aimait plus, je ne pouvais pas la forcer à rester avec moi ! C'était son choix, et je me devais de le respecter. Même si c'était dur. Même si je pouvais en mourir.

Ces questions gachaient un peu le moment que je passais avec elle et qui serait peut-être le dernier.

Mais très vite, elle rompit le lien qui nous unissait.

Son regard noir, que j'affectionnait tant, avait trouvé la direction du sol. Et le son de sa voix n'avait pas la saveur d'un couperet comme tantôt.

Péché ? Où, comment avait-elle péché ? Je n'étais pas sûr de comprendre. Le fait qu'elle ait voulu aller plus loin que de simples et doux baisers ; c'était ça son péché ?

Dieu la pardonnerait. C'était certain. Il devait se montrer compréhensif après tout.

Son timbre de voix était comme amplis de sanglots. Mais je ne voulais pas qu'elle soit malheureuse ! Et bien que je n'ai pas répondu à sa première prise de parole, sa seconde me fit réagir.

Il fallait que je lui dise en la regardant dans les yeux, profondément dépendant de son regard. Je prit donc le soin de lui relever doucement le visage pour que nos regards s'accrochent.


" Personne ne peux me retenir ici. Mais vous êtes la seule raison pour laquelle je vais me battre et revenir plus vivant que jamais. Sans vous, la motivation de survivre serait infime. Vous êtes ma raison de vivre Isabelle. "

Je n'étais pas sûr que cela lui suffise, mais c'est tout ce que je pouvais lui offrir pour le moment. Je respirais pour elle à présent ; je me levais tout les matins pour la voir, elle ; et me couchais le soir en pensant à son sourire, à ses yeux.

J'étais amoureux...

Elle se blottit alors contre moi et mes mains, l'une dans le bas de son dos, l'autre sur sa nuque, la maintenaient près de moi. Je fermai aussi les yeux un instant, rien que pour m'imprégner d'elle ; encore une fois. Je ne m'en lassais pas.

Nos respirations étaient en harmonie, et j'avais comme l'impréhension qu'elle était fatiguée, en plus d'être triste.

Doucement, je passai ma main derrière ses genoux tandis que l'autre lui maintenait la tête. Je la portai comme ça, jusque sur le grand lit de la chambre.

Cela faisait très chevalier et sa princesse, mais à cet instant, je n'y pensai pas une seconde.

Je la déposa délicatement sur le lit, lui caressant le visage d'un revers de main et m'allongea à côté d'elle.

J'avais replié mon bras sous ma tête, tandis que la main libre prit place sur sa fine taille.

Je la regardais et ce simple geste me donna un sourire au coin des lèvres.

Elle était magnifique.

Mon esprit d'adolescent la qualifiait comme la plus belle du monde.

J'aurai pu rester des heures ainsi, avec elle, sans rien faire, mis à part à l'admirer.

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MessageSujet: Re: Isabelle s'en mêle (ou Comment persuader un duc) [ PV F. ]   Dim 29 Mar - 12:25

Pécheresse que j'étais. Outre avoir voulu tenter François, j'avais fait preuve d'un orgueil monstrueux. Pire, d'une vanité incroyablement stupide. J'avais honte de penser à cette envie, plus forte que n'importe quelle autre sur le moment, que François me trouve belle, me désire au point d'obéir à la moindre de mes volontés. Lorsque j'avais compris qu'il n'en était point, voilà que je lui en avais voulu. J'avais pris cela comme une insulte. Cette vanité était mon péché, et c'était elle que je sous-entendais à François, bien qu'il n'en fit aucun commentaire.

Maintenant, il me semblait dérisoire de songer seulement à croire que ma soit-disant beauté me donne un pouvoir quelconque sur sa personne. Bien entendu, cela flattait tellement mon égo, d'imaginer que le désir serait trop intense. Alors qu'en moi-même, je ne souhaitais pas qu'il me désire tant que cela... du moins, pas pour l'instant. Bien qu'il me soit déjà arrivé d'avoir eu certaines de ces envies à son égard, je n'avais jamais pu m'accoutumer à l'idée que cela puisse être réciproque, car cela m'effrayait, et bloquait ainsi toute possibilité d'aller plus loin que de fougueux baisers.

François tenta de m'expliquer, et ce que j'en compris principalement, c'est que je n'étais pas un argument suffisamment important pour le retenir. Je tentai en vain de freiner la vague de déception qui s'empara de moi à ces mots. Ça y est, la prétention revenait. Je ne pouvais pas m'en empêcher. Simplement, il me disait que j'étais sa raison de vivre, et j'y croyais à moitié. Parce que pour moi, partir au front était la même chose que se livrer aux lions. Si moi, sa raison de vivre, avais été assez importante, il n'irait pas s'y faire massacrer, également à mon père. D'un autre côté, je savais parfaitement que lui ne voyait pas les choses ainsi. C'était pour lui l'aventure, la victoire, la gloire. L'adrénaline. Il ne pouvait pas réellement comprendre mon point de vue.

Comme j'étais fatiguée, l'attention que me porta le duc, à laquelle je n'étais pas habituée, de me prendre dans ses bras - et malgré ma lassitude, j'en fus toute retournée - et de me déposer délicatement sur les draps blancs du lit, me plut tout à fait. Je l'observai, quelque peu attristée, me caresser les joues, puis se coucher près de moi, me serrer tout contre lui, et enfin me sourire. Ce sourire qui me faisait toujours me sentir bien. Ce soir-là, il ne fit que partiellement son travail, car il ne parvint pas à me consoler vraiment. J'y répondis d'un faible rictus, nullement convainquant. Et je restai ainsi à le regarder dans les yeux, pendant plusieurs minutes de silence, bercée par son souffle, réchauffée par son étreinte. Un unique commentaire flotta vaguement dans ma tête, et je le lâchai d'une voix ensommeillée, troublant l'harmonie de l'instant :


"Tout de même, vous avez eu tort de refuser... C'était peut-être le moment ou jamais."


Autant vous dire que non, je n'avais pratiquement aucune conscience de ce que je disais. Sinon, vous pensez bien que je ne l'aurais pas dit.
Peu à peu, le sommeil m'enveloppait. Un bâillement me prit. Mes yeux se fermaient automatiquement, contre ma volonté. Je les rouvrais, puis ils se refermaient, et le manège recommençait... jusqu'au moment où je les fermai plus longuement.


"Je t'aime, François..." soupirai-je une dernière fois, avant de sombrer pour de bon dans le royaume des songes.

_________________



Si tu penses m'oublier,
oublie ce que tu penses.


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Isabelle s'en mêle (ou Comment persuader un duc) [ PV F. ]
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